Politique économique / ADP / Aéroports de Paris / fonds pour l'innovation / EDF / Engie / Renault / FDJ
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ADP / Aéroports de Paris / fonds pour l'innovation / EDF / Engie / Renault / FDJ
Les premiers millions versés au fonds pour l'innovation
En début d'année, le gouvernement Philippe a annoncé avoir engagé les dix milliards d'euros prévus pour le fonds pour l'innovation, l'une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron. Bruno Le Maire certifiait alors avoir signé le transfert des 1,6 milliard d'euros issus des cessions d'actifs dans Engie et Renault. L'objectif : financer des innovations de rupture, notamment dans le secteur de l'industrie, pour aider les entreprises françaises à se développer. Plus globalement, les cessions et les privatisations (controversées) prévues, devaient aider au désendettement du pays.
Logé au sein de la banque publique d'investissement Bpifrance, la dotation du fonds a pour vocation initiale de générer un rendement annuel estimé entre 200 et 300 millions d'euros. C'est bien ce seul rendement qui sera investi dans les innovations de rupture, le reste devant garantir la pérennité du rendement. Et sur les dix milliards d'euros de dotation, 8,4 milliards seront constitués de participations de Thales et EDF, en attendant le produit des futures cessions de l'Etat.
Les versements ont bel et bien débuté. Selon les informations exclusives obtenues par WanSquare, l'État vient de fait de racheter à Bpifrance 5.612.243 actions EDF, au prix unitaire de 11,1 euros, qu'il versera directement au fonds pour l'innovation, soit 62.296.897 millions d'euros. La banque Bpifrance profitera elle aussi directement de ce fonds, puisqu'elle devrait recevoir environ 70 millions d'euros chaque année pour financer le développement des deep tech, principalement issues des laboratoires de recherche. Pour le reste, l'État doit encore décider de son allocation.
Avant cela, encore faudrait-il avoir les fonds nécessaires. Or, s'il faut compter sur la privatisation d'Aéroports De Paris ou de la Française des Jeux (dans une moindre mesure) pour verser plus d'argent dans la tirelire, nul doute qu'il va falloir attendre. Au moins neuf mois que dure la consultation du Référendum d'Initiative Partagée pour atteindre ou non les 4,7 millions de signatures nécessaires au blocage de la privatisation d'ADP. Sur la Française des jeux, cela se précise davantage puisque l'État vient d'annoncer avoir mandaté huit banques pour mener à bien le projet.
En tout état de cause, le gouvernement doit faire face à un autre garde-fou de taille. La Cour des Comptes pointe une mécanique budgétaire complexe et injustifiée, et surtout, le fait que les dépenses de ce type de fonds échappent en grande partie au contrôle des parlementaires. Les Sages de la rue Cambon plaident pour sa suppression et la réintégration des 250 millions d'euros annuels - soit la moyenne du rendement estimé - dans le budget général.
Officiellement lancé en janvier l'an dernier, le fonds n'a financé aucune entreprise à ce jour. Pour ce qui est de l'objectif plus général de désendettement de la France, l'Etat vient tout juste de revoir de 0,1 point à la hausse sa prévision de déficit public pour l'an prochain.
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