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Le trafic aérien reste confiné et condamne le secteur

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Le trafic aérien reste confiné et condamne le secteur

Les chiffres d’ADP pour le mois de septembre ne sont pas bons. Le trafic de passagers de Vinci Airports a diminué de 79,1 % sur un an au troisième trimestre. Il reste 8,5 mois de liquidités en moyenne aux compagnies aériennes.
ADP - aéroport d’Orly
ADP - aéroport d’Orly

On l’a compris, longtemps la stratégie sanitaire aura été de confiner les gens plutôt que de confiner le virus. Avec pour résultat le fait que de nombreux secteurs de l’économie ont, eux, bien été totalement confinés - au premier desquels le secteur aérien. A ceci près que l'horizon de déconfinement peine à se faire connaître. Après des chiffres de trafic qui semblaient prendre une dynamique positive depuis quelques mois, l'IATA avait prévenu que l’amélioration n’était qu’une chimère. Mardi, Vinci Airports, qui gère 46 aéroports dans 12 pays, a indiqué que son trafic de passagers a diminué de 79,1 % au troisième trimestre sur un an, pour seulement 15 millions de passagers. Et le trafic total du groupe ADP (Aéroports de Paris) du mois de septembre publié hier soir, certes en hausse de presque 5 points par rapport au mois d'août, reste en baisse de 60,6% sur un an. Neuf millions de passagers ont été accueillis dans l'ensemble du réseau de transport. En particulier, le trafic de Paris Aéroport (qui réunit Orly et Roissy) est à lui seul en baisse de 74% en septembre 2020 par rapport à septembre 2019. 

8,5 mois à vivre pour les compagnies aériennes

Ces mauvais chiffres sont loin d’être anodins pour le secteur aérien dans son ensemble. La compagnie aérienne anglaise Easyjet a par exemple prévenu qu’elle présenterait pour la première fois de son existence des pertes pour son exercice 2019-2020 clos fin septembre, situées entre 815 millions et 845 millions de livres. Comme le note Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse de marchés chez eToro, "la raison principale de la crise sans précédent que connaissent les compagnies aériennes est le trafic aérienLes chiffres de la baisse du trafic aérien correspondent d’ailleurs un peu près au montant de la chute des recettes des compagnies aériennes. Et ce malgré les aides d’État". Une étude de l’IATA relevait en effet que les recettes avaient diminué de 80 % pour les compagnies aériennes alors que les coûts ne baissaient eux que de 55 %. Dans le même temps, le trafic aérien est attendu en baisse de 70 % sur l’ensemble de l’année 2020.

Les conséquences financières sont significatives, l’association indiquant qu’en moyenne il ne restait plus que 8,5 mois de liquidités aux compagnies. Des actions doivent donc rapidement être prises, sous peine de voir des groupes entiers disparaître. Face à cela, l’ACI (Air Cargo International) se joignait à l’IATA mardi pour appeler les gouvernements à "utiliser les tests de dépistage comme moyen de réouverture des frontières en toute sécurité et de rétablissement de la connectivité mondiale, et à prévenir l'effondrement systémique du secteur de l'aviation grâce à un soutien financier non générateur d'endettement." Antoine Fraysse-Soulier explique en fait que "le problème est que les voyageurs, notamment avec les mesures de quarantaine, ne veulent plus voyager. Ce qui est en train d’émerger, c’est une demande de la part de plusieurs organisations représentant les différents acteurs de l’aérien pour qu’il y ait des tests express Covid appelés antigéniques. Sur le plus long terme, le secteur est dépendant de la découverte d’un vaccin." À court terme, les tests antigéniques pourraient bien venir compléter la politique sanitaire et soulager les compagnies – encore faut-il que des reconfinements reviennent achever la confiance. Mais l’arrêt de l’interruption dans les essais cliniques sur un traitement expérimental contre la Covid-19 de deux laboratoires américains, Johnson & Johnson et Eli Lilly, jette définitivement un froid.

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