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Cathay Pacific, Air France-KLM, aérien

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Cathay Pacific jette un froid sur le transport aérien

La compagnie aérienne hongkongaise supprime un quart de ses effectifs, dont 17 % par licenciements secs, malgré un soutien public massif. Que nous réserve Air France, qui publiera ses comptes trimestriels le 30 octobre ?
Air France - avion - aéroport
Air France - avion - aéroport

Les malheurs de Cathay Pacific pourraient préfigurer ceux de compagnies aériennes plus proches de nous, au premier rang desquelles Air France-KLM. La compagnie hongkongaise a annoncé hier la suppression… de 25% de ses effectifs dans le monde – soit 8 500 postes, dont 5 900 licenciements secs – et l’arrêt de sa filiale asiatique de courts et moyens courriers, Cathay Dragon.

Cette annonce fait suite aux pires résultats semestriels de son histoire, notamment une perte nette de 9,9 milliards de dollars de Hong Kong (soit 1,1 milliard d’euros), liés bien entendu à la pandémie, mais aussi à la crise politique dans la Cité-Etat en 2019, ainsi qu’à une concurrence de plus en plus féroce ces dernières années des compagnies low-cost et celles des pays du Golfe - stratégiquement placés entre l’Europe et l’Asie.

Les restrictions de déplacement décidées récemment à travers le monde, montrant que la situation allait durer, ont également conforté les dirigeants dans la nécessité de prendre des mesures radicales. C’est ainsi qu’il ne fonctionnera qu’à 10% de ses capacités jusqu’à la fin de l’année par rapport à 2019 et qu’il prévoit de rester sous les 50% en 2021 !

"La pandémie dans le monde continue d’avoir un effet dévastateur et la dure vérité est que nous devons fondamentalement restructurer le groupe pour survivre", indique le directeur général de Cathay, Augustus Tang. Les compagnies aériennes, dans l’ensemble, ne parviennent en effet pas à résorber l’hémorragie de cash liée à l’attrition du trafic mondial alors que les appareils cloués au sol génèrent d’importants coûts fixes. En l’occurrence, Cathay brûle entre 1,5 et 2 milliards de dollars HK par mois, soit jusqu’à 220 millions d’euros. Un mal général : l’ensemble des compagnies aériennes va encore brûler 13 milliards de dollars de liquidités par mois au second semestre, a ainsi annoncé l’IATA début octobre dans ses dernières – et inquiétantes – prévisions.

La crise que traverse la compagnie révèle deux éléments inquiétants, que l’on peut sans peine généraliser à l’ensemble du secteur : le plan de sauvetage lancé en juin par le gouvernement de Hong Kong, qui a inclus une recapitalisation massive équivalente à 4,4 milliards d’euros, n’a pas suffi. Et la restructuration annoncée hier ne suffira pas non plus : selon les estimations de Cathay, elle réduira ses dépenses de 500 millions de dollars HK par mois (soit 55 millions d’euros).

Certes, les plus grandes et les plus solides compagnies aériennes mondiales ont levé des milliards de lignes de liquidités et ont massivement recouru aux garanties d’Etat depuis l’éclatement de la pandémie. Elles disposent donc d’un certain matelas de cash. Mais comme le montre l’exemple de Cathay, elles ne sont pas armées pour une si longue disette et leurs structures de bilan commencent à souffrir. Elles ont d’ailleurs multiplié les réductions d’effectif, les fermetures de lignes ou de plates-formes.

Pour parler d’Air France-KLM, l’on sait que la pantagruélique manne de 10 milliards d’euros d’aides directes et indirectes dont elle a bénéficié grâce à son double actionnariat public (français et néerlandais) ne sera pas non plus suffisante. C’est pourquoi le transporteur aérien a aussi déjà annoncé 9 080 suppressions de postes dans l’ensemble de ses compagnies et filiales (mais avec peu de licenciements secs). Mais malgré cela, une recapitalisation semble inéluctable et Paris a d’ailleurs fait savoir qu’il participerait au renforcement du bilan du groupe le cas échéant.

Plus en phase avec la réalité économique dans un monde libre-échangiste, le gouvernement des Pays-Bas est prêt à aller plus loin dans la restructuration, notamment dans le volet social (les seuls licenciements secs déjà annoncés sont d’ailleurs à mettre sur le compte de KLM). Son homologue français est beaucoup plus réticent. Les résultats d’Air France-KLM au troisième trimestre, publiés le 30 octobre avant-Bourse, seront particulièrement attendus. L’action du transporteur aérien affiche une baisse de 68% depuis le début de l’année.

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