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ZEturf, le nouveau cheval de bataille de la Française des jeux / La société de loterie affine ses prévisions de croissance
Actualité chargée pour le premier opérateur de jeux d’argent en France. La Française des jeux (FDJ) a révisé jeudi à la hausse ses objectifs financiers à l’occasion de sa première journée investisseurs depuis son introduction en Bourse il y a trois ans (le 21 novembre 2019), tout en annonçant deux acquisitions aux envergures différentes ayant la diversification pour point commun. Car si les jeux de loterie, à gratter et autres paris sportifs constituent le cœur de métier bien connu de l’entreprise dirigée par Stéphane Pallez, les paris hippiques représentaient un trou dans sa raquette d’activités.
Avec l’annonce de la signature d’un accord pour l’acquisition du groupe ZEturf, deuxième acteur français de l’hippisme en ligne, la FDJ franchit donc un cap. L’opération était d’ailleurs très attendue après que le groupe avait annoncé entrer en négociation exclusive le 19 septembre dernier. En rachetant ZEturf, société d'une centaine de collaborateurs au chiffre d'affaires de près de 50 millions d'euros, la FDJ s'offre 20% d’un marché dominé par le très historique PMU, et fait d’une pierre deux coups en se renforçant aussi dans le domaine des autres paris sportifs avec la marque ZEbet.
Devenir un acteur majeur des jeux en ligne
L’intégration de ZEbet confortera les positions de la FDJ sur un marché des paris sportifs en ligne où la société faisait jusqu’à présent figure de challenger. Sa part de marché y est estimée autour de 10% par le cabinet d’analystes Oddo BHF, face à trois leaders (Betclic, Winamax et Unibet) environ deux fois plus gros. Si l’on ajoute à cela la récente annonce du lancement d’une offre de poker en ligne, les objectifs poursuivis sont très clairs. "Avec cette opération et le lancement d'une offre sur le poker qui confortent ses perspectives de croissance, FDJ est idéalement positionnée pour devenir un acteur majeur du marché français des jeux en ligne en concurrence", a souligné Stéphane Pallez.
Sur le plan financier, l’opération, notamment conseillée par le cabinet Messier Associés, valorise ZEturf à 175 millions d’euros, tandis qu’un complément de prix pourra être versé en fonction de la performance en 2023. Le groupe prévoit que l’opération sera relutive dès 2024 sur la marge contributive de son activité de paris sportifs et jeux en ligne en concurrence.
Dans le même temps, la deuxième acquisition annoncée, plus petite, est à la fois technologique et proche du terrain. Elle concerne la finalisation d’une opération annoncée durant l’été : le rachat d’Aleda, spécialiste des solutions d’encaissement et de paiement en point de vente. L’enjeu était d’obtenir le feu vert du gendarme français de la concurrence, finalement tombé lundi 14 novembre, mais qui était loin d’être gagné d’avance, étant donné qu’il s’agissait de la seconde tentative de la FDJ de racheter un opérateur de terminaux de points de vente, après celle sur Bimedia refusée en 2020 par la même autorité. L’opération vient cette fois renforcer la stratégie de développement de l’entreprise dans le domaine des solutions de paiements, Aleda étant présent dans plus de 2 500 points de vente en France.
Une épée de Damoclès
Ces deux croissances externes s’inscrivent comme deux nouvelles briques de la stratégie initiée en 2019, lorsque la FDJ avait entamé sa transformation digitale tout en s’appuyant sur sa présence historique dans les points de ventes. Assez logiquement, qu’il s’agisse de sport, de poker ou de hippisme, la montée en puissance des paris en ligne devrait se traduire par un surcroît de croissance et de rentabilité à moyen terme. Dans les chiffres, la journée investisseurs n’a toutefois pas donné lieu à un grand chamboulement de perspectives. Si le groupe a annoncé viser une croissance annuelle moyenne des mises digitales supérieure à 20% sur la période 2022-2025, il a simplement confirmé ses prévisions pour 2022 et légèrement relevé seulement ses perspectives pour 2025. La FDJ vise désormais le haut de la fourchette de 4% à 5% de croissance de son chiffre d’affaires anticipée jusque-là. Elle par ailleurs maintenu son objectif d'un taux de marge d'excédent brut d’exploitation (Ebitda) supérieur à 25% en 2025.
En Bourse, les investisseurs n’ont d’ailleurs pas accordé beaucoup d’intérêt à ces annonces, l’action de la FDJ ayant clôturé jeudi à l’équilibre, à 35,40 euros. Le titre progresse toutefois de 1% vendredi matin. Que la société ne souhaite pas se faire remarquer avec des perspectives de résultats enthousiasmantes peut toutefois se comprendre alors que Bruxelles a ouvert l’an dernier une enquête approfondie sur le maintien du monopole du groupe sur les jeux de loterie depuis son introduction en bourse. Une mesure dont la Commission européenne n’exclut pas qu’elle puisse procurer un avantage économique indu à la FDJ. Celle-ci avait versé 380 millions à l'Etat en contrepartie de la prolongation de son monopole dans le cadre de la loi Pacte qui a réformé le régime des jeux de hasard en France.
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