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Entreprises / Actions / PSA / Peugeot / DongFeng

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PSA / Peugeot / DongFeng

Et si Dongfeng divorçait de Peugeot

Le constructeur automobile chinois Dongfeng serait sur le point de revoir sa participation de 12,2 % au capital de PSA. Une décision qui s'inscrit dans une logique d'investissement et de rentabilité, après le retard pris par la France en matière de batteries électriques. 
Batteries - électriques - voiture
Batteries - électriques - voiture

L’entreprise Dongfeng, sous contrôle de l’État chinois, aurait besoin de nouveaux fonds pour investir dans l’automobile du futur. C'est pourquoi Donfgeng pourrait céder sa participation de 12,23 % au capital de PSA, et générer ainsi 2,2 milliards d'euros - une valorisation estimée sur le cours de clôture hier. En fait, Dongfeng ne croit plus au potentiel de l’entreprise française. Sur le dernier semestre, PSA n’a pas su assurer ses positions en Chine puisque ses ventes ont chuté de 62,1 %. Et ce, après une nouvelle chute d'un tiers de la production de sa co-entreprise avec Dongfeng, DPCA. Sur le long terme, le conglomérat géant du camion et numéro deux du secteur automobile en Chine estime que PSA n’a pas su saisir les sujets d’avenir et les transformations de la voiture de demain.

Aujourd'hui, 30 à 35 % de la valeur ajoutée d'une voiture se cristallisent autour du moteur et de la boîte de vitesses. Sur la voiture électrique, la création de valeur se fait au niveau de la batterie. La différence c'est que dans le premier cas, l'opération est faite en Europe de l'est, dans le second, c'est en Corée du sud ou en Chine. L'Europe fait ainsi cadeau d'un tiers environ de la valeur ajoutée de l'industrie automobile et de ses sous-traitants à l'Asie, sur fond de pressions écologiques et politiques considérables. Les consommateurs supportent de moins en moins le made in China et les allers et retours des avions pollueurs nécessaires. Mais surtout, l'ouvrier européen qui sait faire des moteurs diesel ne pourra pas se mettre du jour au lendemain au savoir-faire de la batterie électrique. En tout état de cause, l'Europe ne dispose pas d'usines capables de faire ces batteries, une industrie répétitive lourde aux rendements croissants qui nécessite par définition des investissements initiaux extrêmement coûteux. Et Dongfeng l'a bien compris.

Au risque de mettre en danger l’équilibre entre l’État français, la famille Peugeot et l’entreprise chinoise, qui détiennent tous près de 12 % du capital de PSA, Dongfeng organiserait donc son départ. Selon des sources proches du dossier, le manufacturier chinois souhaiterait toutefois assurer une transition en douceur pour conserver de bonnes relations avec le groupe du CAC 40. Surtout que PSA et Dongfeng entretiennent des relations de longue date depuis qu'ils se sont alliés justement pour aider PSA à performer en Chine. Les négociations ne sont qu’à leur début mais Dongfeng aurait exprimé son souhait de garder une part minoritaire pour profiter d’une potentielle consolidation du secteur. Cela tombe bien, la famille Peugeot a récemment indiqué qu'elle apporterait son soutien si une nouvelle opportunité d'acquisition se présentait après le succès du rachat d'Opel. Elle n'a par ailleurs jamais caché sa volonté de remonter au capital du Groupe. 

Dans tous les cas, les trois actionnaires sont liés par un pacte, et Dongfeng ne pourrait donc rien faire sans l'accord de ses pairs. 

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