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Fiat-Chrysler et PSA : le rapprochement idéal

Fusions, Acquisitions / Fiat-Chrysler / PSA / DongFeng / Renault

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Fiat-Chrysler et PSA : le rapprochement idéal

L'opération créerait un géant de l'automobile doté d’une capitalisation boursière de 47 milliards de dollars. Ces discussions suivent l'échec des négociations de Fiat avec Renault en juin.
Peugeot - PSA
Peugeot - PSA

On l’a donc appris hier soir grâce à un scoop du Wall Street Journal. Fiat Chrysler Automobiles NV et le constructeur automobile français PSA ont déclaré qu'ils étaient en pourparlers au sujet d'un rapprochement possible, dans le cadre d'un accord potentiel qui remodèlerait l'industrie automobile mondiale et créerait un géant européen susceptible de rivaliser avec Volkswagen AG.

La fusion du constructeur italo-américain et de PSA, numéro 2 européen de la vente de voitures, créerait une entreprise mondiale d'une valeur boursière actuelle de 47 milliards de dollars, soit à peu près la même taille que la société japonaise Honda Motor Co. Ces pourparlers interviennent plusieurs mois après que Fiat Chrysler et PSA, sous la direction de Carlos Tavares, Président Directeur Général, ont déjà exploré, une première fois, un partenariat sur la mise en commun des investissements pour la construction automobile en Europe, et après l'échec des négociations entre Fiat Chrysler et son concurrent français Renault SA en juin.

Le gouvernement français jouerait un rôle clé dans toute opération car la France est l'un des trois actionnaires structurants de PSA avec la famille Peugeot et le chinois Dong Feng. Pour l’heure, les analystes semblent accueillir chaleureusement la nouvelle d'un accord possible. Il faut dire que la combinaison Fiat-Chrysler et de PSA est plus logique que la précédente tentative d'entente Fiat-Chrysler-Renault et a beaucoup plus de chances de succès.

Les constructeurs automobiles font face à une pression énorme pour unir leurs forces et partager les coûts, du développement des plates-formes à la fabrication et aux achats, alors qu'ils sont confrontés à des guerres commerciales, à un ralentissement mondial et à un passage coûteux à l'électrification et à la conduite autonome. En juillet, Volkswagen a déclaré son intention de s’allier avec Ford Motor concernant la technologie des voitures électriques et tandis que Toyota renforce ses liens avec des partenaires tels que Subaru.

En Europe, PSA et Fiat Chrysler doivent faire face à la charge supplémentaire des nouvelles réglementations en matière d'émissions qui obligeront l'industrie à satisfaire l'année prochaine aux exigences strictes en matière de parc automobile. C’est pourquoi, si ce rapprochement entre-deux groupes ayant un ADN familial aboutit nous pensons que cela devrait avoir des conséquences vertueuses pour les deux groupes, mais aussi pour leurs concurrents directs qui devront être plus vigilants dans l'allocation du capital. Cette opération, c'est l'occasion de réaliser des synergies brutes supérieures à 7 milliards d'euros d'ici 2023 grâce au chevauchement des activités en Europe, en Amérique latine et en Chine.

Les filiales chinoises de ces deux groupes sont très en retard par rapport à la concurrence à l’heure où la Chine passe au tout électrique et il est peu probable qu'une fusion relancerait rapidement la croissance de leurs revenus sur le plus grand marché automobile du monde. La société chinoise Dongfeng Motor Corp, qui détient environ 12 % de PSA, pourrait également avoir son mot à dire sur l'opération.

Enfin le fait que le nouvel ensemble – s’il voit le jour – soit dirigé par Carlos Tavares, le patron de PSA, un ancien de Renault, qui a réussi à redresser Opel en l’espace de dix-huit mois, est évidemment une bonne nouvelle. Les Agnelli joueraient quant à eux leur rôle d’actionnaire à travers Exor et avec John Elkann comme président non exécutif. Ce qui est plutôt rassurant. Car les Agnelli, s’ils n’ont pas toujours été de très bons industriels, sont d’excellents actionnaires. Sans doute meilleurs que l’État français ou Dong Feng.

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