Politique européenne / Brexit / Irlande / backstop / Boris Johnson
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Brexit / Irlande / backstop / Boris Johnson
L'offre à prendre ou à laisser de Boris Johnson
Le Premier ministre britannique Boris Johnson dévoilera aujourd'hui à Manchester lors de son discours de clôture son offre qu'il juge "finale", à moins d'un mois de la sortie programmée du Royaume-Uni de l'Union européenne. En réalité, il est probable qu'il revienne un jour sur cette offre puisque la nouvelle loi Benn, adoptée ce mois-ci par les députés de l'opposition, oblige le Premier ministre à demander une prolongation de trois mois de l'article 50 - qui régit le divorce du Royaume-Uni avec l'Union européenne - s'il ne parvient à obtenir un accord avant la fin du Conseil européen du 17 et 18 octobre. BoJo devra dans ce cas reformuler ses conditions.
Downing Street aurait passé soixante-dix heures à discuter avec les autres États membres de l'Union européenne, ce qui n'est en fait pas grand-chose eu égard à l'ensemble des volets que les deux parties doivent négocier, et surtout comparé aux quarante-six années que le Royaume-Uni a passées au sein de l'Union. En attendant le détail des propositions de Boris Johnson, une partie du texte aurait fuité que le quotidien britannique The Telegraph a pu consulter.
Pour ce qui est du point de discorde majeur, celui qui concerne la frontière entre l'Irlande du Nord - qui fait actuellement partie du Royaume-Uni et pourrait donc quitter prochainement l'Union - et l'Irlande - qui est elle aussi dans l'Union européenne et y restera par conséquent -, le texte prévoit une relation spéciale entre la partie britannique de l'Irlande et l'Union jusqu'en 2025. Ce qui éviterait temporairement de déployer des douaniers à la frontière entre les deux Irlandes, apaisées depuis la signature à Belfast des accords de paix en 1998 après des décennies de conflit sanglant. Le nouveau texte prévoit cependant deux contrôles frontaliers, l'un en mer d'Irlande entre le Royaume-Uni et sa province ; l'autre entre l'Irlande du Nord et l'Irlande.
Côté Irlande, le Premier ministre a jugé qu'il ne s'agissait non pas d'une "proposition" mais bien d'un "mauvais départ". Cette décision revient en fait à construire des postes de douanes des deux côtés de la frontière, c'est-à-dire ce que les contreparties cherchent à éviter. Dans tous les cas, ces nouvelles déclarations publiques de BoJo devraient, comme à leur habitude, déclencher des réactions vives. De la part de l'Irlande encore, des pays membres de l'Union et du Parti d'opposition, le Labour, qui appelle depuis des semaines à la démission du Premier ministre, le jugeant particulièrement incompétent pour mener à bien sa mission.
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