WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / écologie / Environnement / fonds vert pour le climat / Didier Migaud / Edouard Philippe

Entreprises / Actions
écologie / Environnement / fonds vert pour le climat / Didier Migaud / Edouard Philippe

La participation de la France pour le climat

Le Premier président de la Cour des Comptes Didier Migaud a adressé une lettre au Premier ministre Édouard Philippe, après examen de la contribution de la France au Fonds vert pour le climat pour les exercices 2012 à 2017.
Didier Migaud
Didier Migaud

Rattaché à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, le Fonds vert pour le climat est un mécanisme financier de l'Organisation des Nations unies, dont l'objectif est de réaliser le transfert de fonds des pays les plus avancés à destination des pays les plus vulnérables et mettre en place des projets pour combattre les effets du changement climatique.

Le problème des réfugiés d'aujourd'hui n'est rien comparé à ce à quoi le monde sera confronté alors que les régions équatoriales deviennent trop chaudes et trop arides pour soutenir l'agriculture, et que le nombre de migrants climatiques explose pour atteindre peut-être un milliard ou plus à la fin du siècle, selon les estimations. Bref, c'est dans ce contexte que le Premier président de la Cour des comptes Didier Migaud a guidé une évaluation de la contribution de la France au Fonds vert pour le climat entre 2012 et 2017, et bien que les promesses aient été tenues, il reste encore du travail à fournir.

Il y a cinq ans, l'ancien Président François Hollande s'était engagé à apporter une contribution à hauteur de 774 milliards d'euros à la tirelire pour la période 2015-2018, soit 10 % du total, ce qui a été respecté sous la double forme d'un prêt concessionnel de 285 millions d'euros via l'Agence française de développement (AFD) et un don de 489 millions d'euros du gouvernement d'alors. Pour autant, les Sages de la rue Cambon préconisent désormais trois grandes améliorations alors que se prépare la reconstitution des ressources du fonds pour une période de trois ans.

D'abord, ils appellent à ce que la gouvernance soit améliorée. La Cour des comptes déplore les années nécessaires à la bonne organisation et la succession rapide de nombreux directeurs exécutifs. Les premiers décaissements ne sont intervenus qu'en 2016, et c'est pourquoi les Sages appellent à une consolidation des mécanismes de décision et la désignation d'un administrateur fiduciaire permanent. Ensuite, les financements français devraient être rationalisés et davantage suivis, car il est parfois difficile de comprendre là où vont exactement les prêts et donations du quatrième contributeur au Fonds. "Un suivi efficace [...] suppose la création d'un indicateur qui mesure son [la contribution française, NDLR.] impact sur les émissions de gaz à effet de serre, en quantifiant le volume qu'elle aura permis d'éviter". Enfin, dans une lettre adressée au Premier ministre et signée de la main de Didier Migaud, les Sages appellent à un renforcement de la coordination interministérielle, en tenant chaque année, en présence de l'ambassadrice pour le climat, une réunion interministérielle pour arrêter les lignes directrices de l’action de la France au Fonds vert, qui seraient inscrites dans une stratégie nationale pluriannuelle pour le climat.

Le problème, c'est bien que les institutions d'aides multilatérales existantes sont poussées dans des directions différentes par leurs parties prenantes. Coordonner l'aide et le transfert de technologie bas carbone nécessite d'abord que chacune d'entre elles comprenne exactement ce qu'elle donne et pourquoi, sans quoi les contribuables des pays riches refuseront de fournir un financement. Dans une tribune en date du 11 octobre, Kenneth Rogoff, professeur d'économie et de politique publique à l'Université d'Harvard et ancien économiste en chef du FMI, va plus loin et envisage une Institution dédiée au carbone : "Aucune institution ne peut à elle seule résoudre le problème du réchauffement climatique. Trouver un moyen équitable de sevrer l'Asie du charbon sans freiner ses progrès vers des niveaux de vie économiques avancés est peut-être le problème le plus important et le plus concret auquel le monde est confronté aujourd'hui, un problème qui exige une solution très ciblée comme une Banque mondiale du carbone."

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article