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Et si Condie Rice faisait son grand retour ?
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À un an des élections américaines, et alors que la démocrate Élizabeth Warren s’impose dans son camp face à Joe Biden, tout semble encore flou du côté républicain entre la volonté des enfants Trump de faire renoncer leur père et les manœuvres d’impeachment des démocrates. D’où le possible recours à la talentueuse Condoleezza Rice.

09/11/2019 - 09:30 Temps Lecture 9 mn.

 

L’élection américaine a déjà commencé par les manœuvres d’impeachment de Donald Trump par l’opposition démocrate. Elles font partie intégrante d’une stratégie à long terme dont il faut maintenant dévoiler les termes à nos lecteurs non sans la prudence nécessaire à une stratégie alternative qui continue à s’élaborer à chaud jour après jour.

La candidature d’Élizabeth Warren est tout aussi indispensable à cette stratégie qu’elle demeure entièrement aléatoire. La candidate gauchiste et totalement intègre a toutes les cartes "politiquement correctes" en mains sans pour autant présenter les mêmes aberrations comportementales que le pitoyable Bernie Sanders. Mais bien entendu, jamais l’électorat populiste de Donald Trump, pourra se reporter sur cette brave femme qui ne fera à terme que susciter encore les attentes d’une recomposition beaucoup plus forte du paysage politique américain lui-même.

 

Le profil idoine de Condie Rice

 

Or, la volonté raisonnable d’épargner Obama et sa compagne, pour des raisons méta politiques - parfaitement compréhensibles - continue à imposer une solution surprise totalement inédite. Contre toute attente, l’opinion républicaine avait déjà été séduite dans son tréfonds par le discours extraordinaire que Condoleezza Rice lui avait tenu. Cela en lui racontant sa biographie de jeune intellectuelle noire, fidèle jusqu’au bout à George W Bush, mais aussi à son éducation de fille de pasteur, qui n’avait cessé de protéger les parents de la famille Netanyahu alors en exil dans le Colorado, les Mileïkowsky.

C’est cette complicité véritablement extraordinaire qui aura permis à Condie Rice d’établir une proximité totale et profondément humaine avec BiBi Netanyahu qui lui accorde une confiance réciproque. Une chance insolente m’a aussi permis d’accéder, lorsque je fus aiguillé à Washington par mes interlocuteurs américains. Ceux-ci m’adressèrent alors comme spécialiste de la Russie, à l’obscure Condie Rice, qui devint, dans ce domaine mon interlocutrice privilégiée et que j’admirais immédiatement.

 

Vers un renoncement de Trump ?

 

Et aujourd’hui c’est le propre gendre de Trump qui s’ingénie à négocier avec sa remarquable épouse Ivanka un véritable engagement à rétablir tous les intérêts financiers de Trump pour son groupe en échange d’un renoncement de l’actuel Président. Mais qui n’est pas inconditionnel, à une nouvelle candidature du Président sortant. Tout cela avec bien sûr une amnistie totale inspirée du cas Nixon de 1974. Ici, il s’agit moins d’un impeachment très disputé que d’une manœuvre qui pourrait déboucher sur le véritable coup de Trafalgar prévu où Condie Rice présenterait une candidature de consensus d’une femme, au lieu d’Hillary trop discréditée, noire (mais totalement acquise à Israël et à Bibi) et de surcroît hostile à toute remise en cause du legs contrasté de la famille Bush et notamment de "W" qui lui demeure totalement acquis.

Bien entendu, des changements spectaculaires dans toutes les directions sont encore possibles un peu partout, notamment en Angleterre. Cette solution optimale pourrait s’imposer après avoir donné toutes ses chances à une Elizabeth Warren, dont le courage, la candeur, et l’absence totale de "casserole" rend nécessaire une bonne candidature d’ouverture. Inspirons-nous de cette excellente maxime, en ayant à l’esprit que le couple Jared Kushner est infiniment plus averti que son homonyme Bernard Kouchner. L’ancien locataire du Quai d’Orsay que Régis Debray vient de baptiser de "zorro des zozos" dans son dernier livre.

 

Pour en finir avec l’OTAN  

 

Notre Président, Emmanuel Macron semble parfois présenter tous les défauts de ces extraordinaires qualités. En déclarant aussi crûment que l’OTAN était désormais en état de mort cérébrale, il semble avoir traumatisé - en particulier - Angela Merkel qui pense encore – à tort – que ce genre de diagnostic définitif ne pourrait revenir qu’aux authentiques leaders de l’Europe, à savoir l’Allemagne.

Or elle oublie tout simplement de comprendre que si l’ascendant allemand ne fait problème à personne, en revanche sa propre autorité est désormais supplantée, dès lors que sa dauphine désignée, Ursula Von der Leyen, dispose désormais de la véritable légitimité européenne.

Et pour cause, Madame Von der Leyen possède à présent plusieurs atouts fondamentaux. Elle est plus à droite, légitime dans l’opinion puisque la nouvelle leader est elle-même fille d’un baron bien connu de la CDU de centre-droit, Albrecht, qui a toujours suscité le respect instinctif des cadres conservateurs et que sa fille, amie de longue date, d’Angela Merkel, n’a jamais joué les usurpatrices ou les arrivistes, bien au contraire.

 

Le parler-vrai de Macron

 

Mais à présent elle s’adresse naturellement à tous ces électeurs plus à droite aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest qui se préoccupent devant la place - à leurs yeux trop importante - que joue la grande coalition ouverte à la gauche sociale-démocrate par rapport à une droite largement majoritaire et partout tentée par une certaine inflexion souverainiste qui, certes, peut-être surmontée, mais d’abord infléchie.

Quand Emmanuel Macron choisit de nous dire qu’il n’y a plus la moindre tête dans les formules autrefois rassurantes de la poursuite de l’OTAN, il ne fait que devancer la réalité effective. On ne peut plus exciper des anciennes formules pour laisser la possibilité de plus en plus étroite à Erdogan de continuer sa politique d’alliance avec Daech. Alors que l’armée turque, échaudée, par les manœuvres de celui qui reste encore un président de plus en plus minoritaire, ne veut que des garanties, mais sérieuses, pour tourner enfin la page et remettre un ordre non-islamiste dans une Turquie que permettent enfin les résultats tous récents du suffrage universel et ses séides.

 

Le désarroi de Merkel

 

Mais pour cela il faudra la résolution combinée de l’impertinence salutaire d’un Macron qui a parfaitement raison de ne plus se payer de mots et d’une fille légitime de la CDU, Ursula Von der Leyen, qui peut faire cause commune avec le parler vrai de notre président. Le désarroi d’Angela Merkel est très compréhensible et tout à fait compensable à terme. Lorsque cette dernière sera enfin la présidente légitime, mais non plus la leader politique directe d’une Allemagne, qui aura encore besoin d’elle dans une fonction symbolique et de réconciliation de forces extrêmes qui pourront être domptées par la pédagogie du parler-vrai et non plus du politiquement correct. Et ce risque assumé deviendra très vite la ligne commune Macron-Von der Leyen qui s’imposera à tous et sauvera de l’offensive des extrémistes déchaînés dans les deux Allemagne. Plus que jamais la victoire d’Emmanuel Macron est celle de la France, de l’Allemagne, mais aussi du monde entier, face à la manœuvre de celui qui joue aussi son véritable destin : Donald Trump. Croisons donc nos doigts, puisque c’est cela dont nous sommes au moins sûr.

                                                                                                                                                   Alexandre Adler

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