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Alibaba vient au secours d'Hong-Kong
Le géant chinois du commerce électronique Alibaba a lancé aujourd'hui sa période de souscription dans le cadre de sa colossale opération boursière à Hong Kong, où il espère lever plus de 12 milliards d'euros. Le groupe fondé par le milliardaire iconoclaste Jack Ma, avait écrit l'Histoire en 2014 en réussissant la plus grosse introduction en Bourse de tous les temps à Wall Street - Alibaba avait alors récolté 25 milliards de dollars. Cette fois, c’est la place chinoise qui a été choisie pour récupérer des fonds en vue de l'aider dans son développement mondial. "Pour une jeune entreprise qui n'a que 20 ans, c'est un nouveau départ", a assuré le PDG du groupe, Daniel Zhang, dans une lettre aux investisseurs. Il a aussi tenu à adresser un signe de confiance à Hong Kong, après cinq mois de manifestations de plus en plus violentes contre l'emprise jugée croissante du régime communiste sur le territoire autonome. "En cette période de changements, nous continuons à croire que l'avenir de Hong Kong reste resplendissant. Nous espérons contribuer, à notre manière, à l'avenir de Hong Kong", a ajouté Daniel Zhang.
Alibaba va assurément susciter l'appétit des investisseurs tant il peut compter sur de robustes fondamentaux. À l'horizon de cinq ans, le groupe ambitionne de s'appuyer sur un milliard de consommateurs en Chine - sur une population totale de 1,4 milliard d'habitants. En 2036, l'objectif est de totaliser 2 milliards de consommateurs au plan mondial. "Alors que le monde se transforme en une économie numérique (...) la mondialisation est l'avenir du groupe Alibaba", a souligné Daniel Zhang dans sa lettre aux investisseurs. De plus, alors que Jack Ma a pris sa retraite en septembre dernier, son groupe a plus que triplé son bénéfice net au troisième trimestre à 9,24 milliards d'euros, tandis que son chiffre d'affaires bondissait de 40% à 15,15 milliards d'euros.
Dans le détail et selon le prospectus de l'IPO venant d'être publié, Alibaba va offrir jusqu'à 575 millions d'actions aux investisseurs au prix unitaire maximum de 188 dollars de Hong Kong, soit un total de 13,8 milliards de dollars américains ou 12,5 milliards d'euros. Ce montant est inférieur aux dernières estimations. Selon les informations du quotidien de Hong Kong South China Morning Post, qui appartient à Alibaba, le groupe prévoyait de lever jusqu'à 15 milliards de dollars US, ce qui en aurait fait la plus grosse introduction en Bourse dans l'ex-colonie britannique depuis près de 10 ans. La cotation du titre est prévue à partir du 26 novembre
Depuis un certain temps, les dirigeants chinois se font pressants en vue d'encourager les géants de la tech à être cotés plus près de Pékin, après la perte d'Alibaba, mais aussi du géant de l'internet Baidu, au profit de Wall Street. Du côté de Hong-Kong, la Bourse est même allée jusqu'à modifier ses règles ces dernières années afin d'autoriser une entreprise à être cotée sur deux places différentes. La cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, a également incité le fondateur d'Alibaba à vendre des actions à Hong Kong. Cette IPO serait la première bonne nouvelle depuis des mois pour la perle de l’Orient dont on vient d’apprendre ce matin qu’elle était officiellement entrée en récession pour la première fois depuis dix ans au troisième trimestre.
Cette débâcle économique est évidemment causée par les protestations antigouvernementales de plus en plus violentes et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. L'économie a reculé de 3,2% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent. Aussi, le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté pour le deuxième trimestre consécutif, après avoir baissé de 0,3% au deuxième trimestre. En glissement annuel, l'économie s'est contractée de 2,9% - un plus bas depuis la dernière crise financière mondiale. Les protestations n'ayant pas encore pris fin, les analystes préviennent que le hub financier et commercial risque d'être confronté à une crise plus longue et plus profonde que lors de la crise financière mondiale de 2008-2009 et de l'épidémie de SRAS en 2003. Le gouvernement a revu à la baisse sa prévision de croissance pour l'ensemble de l'année. Il attend désormais une contraction de 1,3% contre une estimation antérieure comprise entre 0 et 1% de croissance. Il s'agirait de la première baisse annuelle depuis 2009.
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