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Carrefour : Alexandre Bompard arrête les frais en Chine
En 1995, Carrefour ouvrait son premier hypermarché en Chine, nouvel eldorado plein de promesses en raison de l’essor de la population. Mais 24 ans plus tard, le tableau a bien changé et le distributeur, dirigé par Alexandre Bompard depuis près de deux ans, en tire les conséquences : hier, il a annoncé la vente de 80 % de Carrefour Chine au chinois Suning.com pour 1,4 milliard d’euros en cash, une opération conseillée par Lazard. La filiale représente un réseau de 210 hypermarchés et 24 magasins de proximité, et a généré 3,6 milliards d’euros de revenus l’an passé, pour un Ebitda de 66 millions d’euros. Mais il reste bien loin de son concurrent Suning, qui exploite 8.891 magasins dans plus de 700 villes et surtout, en tant que filiale d’Alibaba, gère la troisième plateforme d'e-commerce du pays.
Or, c’est sur le front de l’e-commerce que la bataille se joue désormais en Chine, encore plus que nulle part ailleurs. Les 800 millions de Chinois connectés à Internet ont fait progresser le marché de 20 % l’an passé, à 900 milliards d’euros, tandis que les distributeurs traditionnels ont de plus en plus de mal à faire venir les consommateurs dans leurs supermarchés. Carrefour n’a pas échappé au marasme : ses ventes dans le pays ont chuté de 5,9 % en comparable l’an passé, alors même qu’il a réussi à maintenir une croissance positive, à 0,3 %, sur son marché domestique français. Les géants Alibaba et Tencent se sont imposés comme des acteurs de référence sur le segment du e-commerce, et leurs concurrents occidentaux ont le plus grand mal à tenir la distance.
Après plusieurs années de recul inexorable en Chine, Alexandre Bompard vient donc de prendre une décision mûrement réfléchie, et résolument sage. À l’image de celle qu’il avait prise lorsqu’il présidait à la destinée de la Fnac, qu’il a recentrée sur ses marchés cœur et a transformé en leader du digital. Dès la présentation des résultats annuels, le PDG avait annoncé des objectifs ambitieux, de réduction de ses surfaces et de développement dans le format de proximité, mais aussi au niveau des coûts. Carrefour a ainsi relevé de 2 à 2,8 milliards d’euros ses objectifs d’économies de coûts pour financer son développement digital d’ici 2020, ainsi que la cession d‘actifs immobiliers non stratégiques pour 500 millions d’euros.
Avec cette annonce, le patron passe ainsi rapidement des paroles aux actes, et montre sa volonté de faire bouger les lignes au sein du paquebot Carrefour, en se donnant les moyens du changement. "Il ne faut pas hésiter à remettre en cause les tabous", a-t-il déclaré lors de l’AG du groupe à Aubervilliers, il y a tout juste dix jours, et il vient de le démontrer. Les investisseurs, qui ont déjà salué ce changement de culture puisque le titre a progressé de 16 % cette année, devraient apprécier.
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