Régulation / Concurrence / AMF / alain moussy / ab science / délit d'initié
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AMF / alain moussy / ab science / délit d'initié
L'AMF soupçonne une biotech de délit d'initié
AB Science est une société de biotechs française fondée en 2001 par une équipe de scientifiques pour développer de nouveaux médicaments ciblant des indications avec des besoins médicaux non satisfaits, dans le domaine des cancers, des maladies inflammatoires chroniques et des troubles dégénératifs neurologiques.
Depuis deux ans, l'entreprise est dans le collimateur de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF), ainsi que quatre de ses dirigeants, dont son PDG Alain Mussy, pour manipulation de cours. L'AMF a remarqué des opérations boursières suspicieuses après que l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a suspendu des essais cliniques menés par AB Science en 2017 pour violation des dispositions en vigueur, ce qui a eu un impact fort sur le cours du titre, qui a chuté de plus de 30%. Les investigations portent sur des cessions de titres réalisées au mois de mars, soit plusieurs semaines avant l'annonce des autorités sanitaires. Et pour cause, l'avis négatif des rapporteurs de European Medical Agency était connu en interne avant qu'il ne soit communiqué au public.
Pour se couvrir des pertes à venir, la société aurait réalisé plusieurs opérations de placements privés, et Alain Mussy aurait cédé des titres de l'entreprise, ce qui lui aurait permis de faire une économie de pertes de plus de deux millions d'euros, une action copiée par le directeur financier Laurent Guy, le directeur de la stratégie Olivier Hermine et Catherine Marle, à la tête des opérations cliniques d'AB Science. Si les faits sont avérés, c'est bien un délit d'initié dont il s'agit. À ce stade, l'affaire est encore en cours.
Visiblement, un premier passage d'AB Science devant la Commission des sanctions ne lui aura pas servi de leçon. De fait, ce n'est pas la première fois qu'AB Science doit affronter les griffes du gendarme, puisque la Commission avait déjà requis 400.000 euros d'amende contre elle, et le même montant contre son président au mois de mai 2016, Alain Moussy déjà. Les faits remontaient trois ans auparavant, lorsqu'AB Science avait différé une information qui aurait impacté négativement son cours de Bourse, à savoir le refus de mise sur le marché d'un de ses médicaments.
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