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Evenements / Orange / deutsche telekom / Fusion / Margrethe Vestager / Thierry Breton

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Orange / deutsche telekom / Fusion / Margrethe Vestager / Thierry Breton

Et si Orange fusionnait avec Deutsche Telekom ?

L'information rapportée par le quotidien allemand Handelsblatt a rapidement été démentie par Orange hier, pour qui le titre a cependant légèrement perdu du terrain sur la Place parisienne. Le jeu de simulation d'une fusion reste intéressant à plusieurs égards.      
Orange
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Avant-hier, Bloomberg révélait des informations au sujet de pertes subies par Natixis, démenties par la société quelques heures plus tard, ce qui faisait tout de même vaciller le cours de la filiale de BPCE pour pas grand-chose. Hier, c'était au quotidien allemand Handelsblatt de révéler un projet de fusion entre Orange et Deutsche Telekom, tout en préférant se la jouer un peu plus prudent que son homologue américain, en indiquant que les considérations n'en seraient toutefois qu'à un stade précoce. Orange a là aussi rapidement coupé court à toute rumeur signifiant qu'aucune négociation n'avait actuellement lieu avec la firme allemande. Voilà pourquoi ces bruits ne sont pas à prendre très au sérieux.

Pour autant, le jeu de simulation d'une fusion transfrontière entre deux géants européens des télécoms, en pleine actualité brûlante sur les enchères 5G, reste intéressant à plusieurs égards. Handelsblatt, qui sans citer ses sources, détaille que le patron de Deutsche Telekom, Tim Höttges, serait très intéressé en raison des importants avantages en termes de coûts que cette opération pourrait générer, est peu convaincant, car en fait, les avantages sont minces. 

Oui, dans un contexte rude pour les opérateurs, une fusion pourrait a priori doper les revenus et donc les investissements, notamment dans la perspective du déploiement à venir de la nouvelle génération de téléphonie mobile 5G. Rappelons à ce titre que la nouvelle génération du réseau a coûté aux entreprises spécialisées allemandes et italiennes près de 13 milliards d'euros, et coûtera au minimum aux quatre opérateurs français, déjà à bout de souffle, 2,17 milliards d'euros, comme l'a annoncé récemment la Secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher. Mais, le déroulement des enchères est bel et bien national, avec des réglementations propres à chaque territoire européen, et c'est pour cela qu'il n'y aurait aucun intérêt, du moins pour la 5G, à s'unir. Alors que la bataille autour de la 4G était essentiellement commerciale, le débat en cours sur la 5G porte sur la géopolitique, le leadership technologique que chacun s'arrache et la sécurité nationale.

Plus largement, dans le monde, le taux de pénétration de la téléphonie mobile a atteint son maximum, et ce n'est sûrement pas sur la vente de téléphones qu'il y aurait un avantage. Les télécoms sont un business de coûts fixes, la première variable de la rentabilité d’un opérateur restant sa part de marché. Pour autant, une fusion européenne transfrontière ne sera pas rationnelle, tant que les couvertures resteront nationalisées, tant que la réglementation et les normes resteront caractéristiques à chacun des États membres de l'Union, tant que l'Europe n'aura pas décidé de s'unir pour former un seul bloc face aux puissances numériques chinoises et américaines.

Un rapprochement entre deux grands des télécoms européens serait en tout cas un véritable combat entre la Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, réputée pour son intransigeance, et Thierry Breton, fraîchement nommé Commissaire européen du marché unique, de l’industrie, du numérique, de la défense et de l’espace. La première jugerait probablement qu'une fusion entraînerait une hausse de prix, freinerait le développement des infrastructures de réseau et nuirait à l'innovation.  L'autre, qui a su faire d'Atos un groupe global majeur des services du numérique après les acquisitions des activités informatiques de Siemens en 2010, puis de l'icône française Bull et enfin d'une des branches de Xerox en 2014, sera un soutien formidable. 

Si malgré tout, projet de fusion il y a, alors nous devrions en savoir plus grâce au plan stratégique d'Orange, dont la présentation s'est fait retarder par l'Affaire Tapie. Blanchi de l’accusation de "complicité d'escroquerie" depuis le 9 juillet, Stéphane Richard devrait dévoiler le prochain fil rouge de sa société au mois de décembre.

 

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