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Angela Merkel / Coalition CDU-SPD
La coalition Merkel survivra-t-elle aux élections du SPD ?
C'est ce samedi qu'aura lieu le second tour des élections du parti social-démocrate, qui siège aux côtés de la CDU-CSU de Merkel depuis mars 2018. Après un premier tour au cours duquel aucune des six candidatures tandem n'aura obtenu de majorité absolue, un deuxième scrutin a été organisé pour départager les deux attelages arrivés en tête en octobre : celui formé par l'actuel ministre des finances Olaf Scholz et Klara Geywitz (ancienne élue au Branderbourg) - qui a lui obtenu 22,68% des voix- et celui composé de la députée du Bade Wurtemberg Saskia Esken et de Norbert Walter -Borjans (ancien ministre des finances de Rhénanie du Nord Westphalie) - qui a de son côté obtenu 21,04%. Si les premiers gagnent le second tour, la chancelière devrait pouvoir souffler et compter sur le soutien du parti jusqu'à la fin de son mandat, Olaf Scholz étant déjà son ministre des finances.
Mais si les seconds l'emportent, la coalition Merkel, qui a déjà enduré plusieurs crises politiques difficiles depuis près de deux ans, risque de ne pas perdurer. Saskia Esken, membre de la frange gauche du parti a déjà déclaré que la coalition n'avait pas d'avenir, même si son allié Walter Borjans est un peu moins radical. Ce dernier serait pour sa part d'accord pour rester au gouvernement, à condition que les chrétiens-démocrates accordent d'importantes concessions au parti de gauche. À commencer par l'abandon du dogme de l'équilibre budgétaire, auquel la chancelière est pourtant très attachée. Le tandem Walter-Borjans/Esken devrait aussi exiger un paquet de mesures ambitieux pour le climat, une hausse du salaire minimum et des changements de règles fiscales. "Nous pensons que le tandem Walter-Borjans/Esken a de bonnes chances de gagner. Ils ont perdu à quelques voix près lors du premuier tourn et pourraient attirer ceux qui avaient voté pour des duos plus à gauche lors du premier tour", explique ainsi Ricardo Garcia, chef économiste chez UBS. Selon l'économiste, si ces derniers prennent la présidence du SPD, la probabilité pour que le parti quitte la coalition est de 30% à 40%. "Les exigences du tandem sont un trop gros morceau à avaler pour la CDU-CSU", poursuit l'économiste. Par ailleurs rester au gouvernement signifierait pour le SPD ne pas faire partie de l'opposition jusqu'aux prochaines élections de l'automne 2021, ce qui pourrait donner de mauvais résultats pour le parti.
Enfin si le SPD décidait de quitter le gouvernement, des élections anticipées devraient avoir lieu, car la chancelière a déclaré qu'elle ne souhaitait pas gouverner avec un gouvernement de minorité. Le SPD pourrait alors former sa propre coalition avec les Verts et Die Linke (selon les derniers sondages les trois partis obtiendraient assez de voix pour former une courte majorité) mais n'aurait pas beaucoup plus de voix ni de pouvoir que dans le gouvernement actuel. "En cas d'élections anticipées en tout cas, une plus forte volatilité sur les marchés est attendue", conclut Ricardo Garcia.
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