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Le lobbying en cours sur la taxonomie verte
Moins de 15% des émissions sont couvertes par des systèmes contraignants de tarification du carbone, depuis que le Protocole de Kyoto a été ratifié il y a plus de vingt ans. Cette inaction est due au lobbying sans précédent de l'industrie liée à l'économie des combustibles fossiles, nous révèle une étude publiée hier par le think tank Influencemap.
Bien que les tactiques aient changé, la réglementation climatique continue d'être bloquée et le discours dominant sur le climat reste assiégé. Avant, le lobbying encourageait le discours sur le déni climatique. Aujourd'hui, ceux qui partagent la vision Trump sont bien moins audibles, mais ils poursuivent de façon plus discrète des méthodes pour bloquer ou diluer des mesures réglementaires contraignantes. Par exemple, les entreprises ont admis que le changement climatique était d'origine humaine, mais ont continué à s'interroger sur l'ampleur de son impact ou de ses conséquences.
Les émissions de type 1 et 2, divulguées par les entreprises depuis la fin des années 1990, servent à évaluer les émissions directes de gaz à effet de serre (GES) provenant de sources détenues ou contrôlées par une entreprise, ainsi que les émissions indirectes résultant de la production d'électricité achetée. De plus en plus, les émissions de type 3 - c'est-à-dire les émissions indirectes qui se produisent dans la chaîne de valeur d'une entreprise - sont également évaluées pour les secteurs du charbon, du pétrole et du gaz. Cependant, ces mesures ne tiennent pas compte de l'impact systémique potentiel d'autres activités de l'entreprise sur le climat. C'est pourquoi le think tank Influencemap a introduit depuis deux ans le concept de l'empreinte carbone pour les entreprises, qui ne sont pas mesurées en tonnes de GES, mais comparent l'impact d'une entreprise sur l'élaboration d'une politique climatique. La définition de l'influence politique utilisée par l'étude est tirée du Guide des Nations Unies de 2013 pour un engagement responsable des entreprises dans la politique climatique.
Voici les résultats du panel à l'étude, soit les 100 premières entreprises du Forbes Global 2014. Parmi les meilleurs élèves, c'est-à-dire ceux qui ont à la fois appuyé activement la réglementation sur les faibles émissions de carbone et réorienté leurs activités propres à la firme dans cette direction, il y a Apple, Iberdrola, EDF, Nestlé, SSE et Enel. Parmi les pires élèves, c'est-à-dire ceux qui ont à la fois détérioré leurs émissions de CO2, et affaibli sciemment le consensus scientifique sur le réchauffement climatique à coups de messages politiques et financement de groupes de réflexion, il y a 21st Century Fox, AT&T, Daimler, Toyota, ArcelorMittal, FCA, General Motors et Renault. Ensuite, il y a les incohérents, c’est-à-dire ceux qui ont fait évoluer leur engagement public et leurs activités dans des sens contraires. Ici, l'étude repère Bp, ExxonMobil, Total, Chevron, RioTinto, Google, Siemens, Coca Cola, Amazon, IBM et Microsoft.
Des groupes commerciaux intersectoriels, dont la Chambre de commerce américaine, BusinessEurope et Keidanren au Japon, comptent parmi les lobbyistes négatifs les plus influents en matière de politique climatique, bien qu'ils prétendent représenter un ensemble diversifié d'entreprises et de modèles économiques, ajoutent les auteurs du think thank. Plus tôt en mars, le think tank dévoilait une autre étude selon laquelle dans la perspective des élections de mi-mandat américaines de l'année dernière, 2 millions de dollars ont été dépensés pour des publicités ciblées sur Facebook et Instagram par des géants mondiaux du pétrole et leurs organismes industriels, afin de promouvoir les avantages d'une production accrue de combustibles fossiles.
Ce n'est pas un hasard de calendrier si ce nouveau rapport est sorti hier lundi 2 décembre puisque c'était aussi le jour de l'ouverture de la 25e conférence des Nations Unies sur le climat, alors que les appels en faveur de mesures politiques décisives contre le réchauffement se font de plus en plus pressants.
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