Macro-économie / Taux / Donald Trump / Accord commercial / Chine
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Donald Trump / Accord commercial / Chine
Que change cet accord de phase 1 entre les États-Unis et la Chine ?
Donald Trump a renoncé à imposer hier, comme initialement prévu, une nouvelle salve de surtaxes douanières sur quelque 160 milliards de dollars de biens chinois. En contrepartie, la Chine n'imposera pas de droits de douane supplémentaires sur plus de 3.000 produits américains, dont les pièces automobiles, comme elle menaçait de le faire. En outre, dans l'accord, qui doit encore être officiellement signé, potentiellement début janvier, les Américains ont mis en exergue l'engagement de la Chine d'importer, au cours des deux prochaines années, 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires du secteur de l'énergie, manufacturier, du secteur agricole (quelque 50 milliards), et des services. D'autre part, les droits de douane de 15% sur 120 autres milliards de biens chinois, en vigueur depuis le 1er septembre, seront réduits de moitié (7,5%). En revanche, les droits de douane additionnels de 25% portant sur l'équivalent de 250 milliards de dollars de marchandises chinoises vont, eux, rester en place, a assuré l'administration Trump.
Que penser de ces annonces ? "Au-delà du fait que l'accord manque de substance et ne comporte qu'une diminution des tarifs douaniers mineure - puisque les droits de douane demeurent sur les deux tiers des importations en provenance de Chine -, l'impact macroéconomique de l'accord est négligeable", ont résumé Lydia Boussour et Gregory Daco, économistes d'Oxford Economics dans une note. Cet accord apparaît d'autant plus modeste qu'il intervient "après d'importants dommages économiques", renchérit Edward Alden, expert en politique commerciale au Council on Foreign Relations.
Toujours est-il que l'accord commercial partiel - une fois signé - va offrir au président chinois Xi Jinping un répit au moment où l'économie ralentit quelque peu et que la situation à Hong Kong préoccupe le pouvoir. Après près de deux ans d'une féroce guerre commerciale avec l'Amérique de Donald Trump, les indicateurs économiques de la seconde puissance mondiale ont du plomb dans l'aile. "Le pire n'est pas encore arrivé et 2020 s'annonce comme une autre année difficile", prévient l'économiste Ting Lu de la banque d'investissement Nomura. De fait, sans faire allusion à la guerre commerciale, les plus hauts dirigeants chinois ont reconnu cette semaine une situation délicate lors d'une importante réunion économique annuelle à Pékin.
Aussi, sans régler les problèmes de fond avec l'Oncle Sam - comme l'ouverture des marchés publics chinois ou l'obligation pour les entreprises étrangères en Chine de transferer leurs technologies -, cela permet à la Chine de "gagner du temps" et de s'offrir "une bouffée d'oxygène", relève Larry Ong, analyste pour le cabinet SinoInsider. "Les États-Unis vont se mettre en mode attente et observer comment la Chine se conforme" à l'accord de principe, pronostique Barry Naughton. Et en cas de manquement de Pékin, "on peut s'attendre à ce que le président Trump redevienne (l'autoproclamé) 'homme des surtaxes'" et que les tensions s'exacerbent de nouveau, prévoit Larry Ong.
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