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Macro-économie / Taux / Hard Brexit / Boris Johnson / Accord commercial

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Hard Brexit / Boris Johnson / Accord commercial

Boris Johnson envisage le Hard Brexit

La Grande-Bretagne doit dévoiler ce mercredi une nouvelle loi sur les marchés intérieurs, qui contient notamment des dispositions sur l'Irlande, contraires à l'accord de sortie signé par l'UE et Boris Johnson. Et ce, alors qu'il reste un mois pour que les deux parties s'entendent sur un accord commercial.
Van der Leyen Boris Johnson
Van der Leyen Boris Johnson

L'hypothèse d'un hard Brexit est de plus en plus probable. Alors que les négociations sur l'avenir des relations commerciales entre la Grande-Bretagne et l'UE doivent reprendre demain, le Premier ministre Boris Johnson a déclaré aujourd'hui dans un discours qu'il était désormais prêt à sortir de l'UE sans accord. "Je veux être très clair sur le sujet comme je ne cesse de le répéter depuis le début : une sortie sans accord serait une bonne chose pour le Royaume-Uni". Un discours qui n'augure rien de bon pour les quatre prochains jours de pourparlers avec Bruxelles, même s'il s'agit aussi d'une stratégie de la part de Johnson destinée à faire pression sur l'UE.

Le Premier ministre a d'ailleurs établi son propre calendrier de négociations, fixant la date du 15 octobre comme date butoir pour parvenir à un compromis. Les 27 États doivent se réunir ce jour-là à l'occasion d'un Conseil pour se prononcer sur l'accord, à condition toutefois que les deux camps se soient entendus d'ici là.

Or rien n'est plus incertain pour le moment, alors que la Grande-Bretagne s'apprête aussi à promulguer ce mercredi une loi sur les marchés intérieurs, qui risque de déplaire à l'UE. Selon les informations du Financial Times, ce texte remet partiellement en cause les modalités de sortie du pays, telles qu'elles ont été définies dans le Withdrawal agreement signé par Boris Johnson en janvier dernier. Et c'est notamment la question irlandaise qui refait surface et risque de bloquer les discussions. Selon le protocole sur l'Irlande rédigé en annexe de l'accord de janvier en effet, l'Irlande du Nord devra continuer de respecter un certain nombre de règles de l'UE concernant la circulation des biens, les tarifs douaniers, qui devront s'appliquer à tous les biens de l'UE arrivant sur le territoire.

"Les vérifications et les contrôles nécessaires seront effectués sur les marchandises entrant en Irlande du Nord en provenance du reste du Royaume-Uni, y compris, par exemple, les postes d'inspection frontaliers, afin de s'assurer que les contrôles sanitaires et phytosanitaires ("SPS") nécessaires sont effectués", précise ainsi le protocole. Par ailleurs, "les droits de douane de l'UE s'appliqueront aux marchandises entrant en Irlande du Nord, sauf si ces marchandises ne risquent pas d'entrer dans le marché unique de l'UE. Toutefois, aucun droit de douane ne sera dû s'il peut être démontré que les marchandises entrant en Irlande du Nord en provenance du reste du Royaume-Uni ne risquent pas d'entrer dans le marché unique de l'UE". Le protocole précise également que l'Irlande du Nord devra appliquer la loi européenne en ce qui concerne les aides publiques.

Or, selon le Financial Times, la loi sur les marchés intérieurs qui sera dévoilée mercredi devrait notamment remettre en cause ce qui a été décidé concernant les tarifs douaniers et concernant les aides publiques. Une véritable provocation pour l'UE, qui a mis plus de deux ans à trouver un compromis avec le Royaume-Uni sur la question irlandaise. Et qui accroît la perspective d'un Hard Brexit le 31 décembre prochain. Sachant que les deux parties n'ont pas changé de position depuis le dernier round de négociations, qui avaient abouti à une impasse. La Grande-Bretagne refuse toujours de respecter un certain nombre de règles européennes en matière sociale, environnementale et de concurrence concernant les aides d’État, les fameuses "conditions d'une concurrence équitable", au nom de sa "souveraineté". L'UE de son côté souhaite continuer d'avoir accès aux eaux britanniques pour ses pêcheurs, ce à quoi la Grande-Bretagne est opposée.

Bruxelles n'a visiblement pas beaucoup d'espoir que ce nouveau round de négociations aboutisse : le Brexit n'est pour l'instant pas prévu à l'agenda des sujets qui seront discutés lors du Conseil européen du 24 septembre prochain… Les déclarations du Premier ministre britannique et celles concernant la loi sur le marché intérieur ont en tout cas fait baisser la devise britannique ce matin, de près de 1% contre le dollar. Et selon les stratégistes d'ING, elle devrait continuer de dégringoler dans les prochaines semaines, au fur et à mesure que le scenario d'un no deal refera surface. Puisque faute d'accord au 31 décembre, ce sont les règles de l'OMC qui s'appliqueront entre l'UE et son ancien partenaire. De quoi fragiliser davantage les deux zones, déjà plombées par la crise post Covid.

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