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Politique économique / Accord commercial / Brexit / UE

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Accord commercial / Brexit / UE

La Grande-Bretagne tisse le lien commercial avec les États-Unis

Alors que la perspective d'un hard Brexit et d'une sortie de l'UE sans aucun accord est de plus en plus probable, la Grande-Bretagne a engagé des discussions avec son partenaire outre-Atlantique, pour conclure un accord commercial.
Van der Leyen Boris Johnson
Van der Leyen Boris Johnson

Les négociations sur la relation Grande-Bretagne-UE post-Brexit ont repris cet après-midi, sans grand espoir d'avancées, après deux rencontres avortées au mois d'avril, et alors que la crise sanitaire a largement retardé le calendrier des discussions. Or le temps est de plus en plus serré : les Britanniques devront décider d'ici le 30 juin s'ils veulent prolonger la période de transition actuelle, afin de repousser la date de sortie officielle de l'UE, pour l'instant prévue le 31 décembre 2020. Rappelons que les Anglais ont quitté l'Union le 31 janvier dernier et sont entrés depuis dans une période de transition pendant laquelle ils continuent d'appliquer les normes de l'UE. Mais jusqu'à présent, le Premier britannique a été on ne peut plus clair sur le sujet et refusé de demander une prolongation, estimant qu'elle ne ferait que prolonger l'incertitude pour les entreprises de son pays.

En attendant, la Grande-Bretagne tente d'avancer ses pions auprès de ses autres partenaires commerciaux et en particulier les États-Unis. Un enjeu crucial pour le pays, qui risque sinon d'être doublement plombé, par les conséquences économiques du Covid et par celles du Brexit. La semaine dernière, la Banque d'Angleterre a ainsi estimé que le PIB du pays pourrait reculer de 14% cette année sous l'effet de l'épidémie, tandis que selon l'Office for Budget Responsibility (OBR), le chômage devrait atteindre 7,3 % d'ici la fin de l'année. Et ce malgré les mesures de relance prises pour atténuer les conséquences de l'épidémie et de la sortie du pays de l'UE, de l'ordre de 100 milliards de livres, soit 5 % du PIB britannique.

Dans ce contexte, la secrétaire internationale au commerce britannique Lizz Trust a donc engagé le 5 mai dernier des discussions avec son homologue américain, afin d'intensifier les relations économiques entre les deux pays. "Les États-Unis sont notre plus grand partenaire commercial et l'augmentation du commerce transatlantique peut aider nos économies à rebondir face au défi économique posé par le coronavirus", a-t-elle déclaré la semaine dernière avant une visioconférence avec son partenaire américain. À ce jour, les États-Unis sont le plus grand investisseur au Royaume-Uni avec près de 750 milliards de dollars investis par des sociétés américaines sur le marché britannique, soit près d'un quart de leurs investissements totaux en Europe et plus de 12 % de l'ensemble des IDE américains dans le monde. Le Royaume-Uni est ainsi le deuxième plus grand bénéficiaire des investissements américains dans le monde (derrière les Pays-Bas uniquement). Les États-Unis sont aussi son premier partenaire commercial et représentent un peu plus de 13 % des exportations britanniques, devant l'Allemagne (9 %) et les Pays-Bas (6,8 %). L'enjeu de renforcer ses relations outre-Atlantique est donc de taille, tandis qu'il s'apprête à quitter définitivement l'UE.

Quels sont les objectifs recherchés de part et d'autre de l'Atlantique ? La Grande-Bretagne souhaiterait notamment faciliter l'accès des entreprises financières de la City au marché américain, mais aussi dans un tout autre domaine abaisser les droits de douane pour certaines entreprises agroalimentaires britanniques. Certes, le Président américain a, selon son emphase habituelle, annoncé que le potentiel de cet accord commercial était "colossal". Mais les chiffres sont un peu moins optimistes. Selon les estimations, l'accord visé devrait permettre de renforcer la croissance économique britannique de 0,16 % du PIB sur 15 ans ! Par ailleurs, entamer des relations commerciales au moment où les échanges mondiaux sont quasiment à l'arrêt, et alors que la crise actuelle va sans doute entraîner un changement de paradigme économique, avec sans doute une économie plus locale et une renationalisation des chaînes de production, semble pour le moins hardi. Mieux vaudrait pour le Royaume-Uni tenter de sauver ses relations commerciales avec son partenaire le plus proche géographiquement, l'UE, plutôt que de tenter de trouver un accord avec les États-Unis.

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