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2019, ce que le FMI n'avait pas anticipé pour la zone euro

Alors que le FMI tablait sur une croissance de 1,9% en zone euro pour 2019, le PIB n'aura finalement progressé que de 1,2%. Un ralentissement beaucoup plus important que ne le prévoyait l'institution, qui n'avait pas anticipé l'ampleur de la décélération allemande l'an dernier.
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À l'heure de la nouvelle année, et alors que les prévisions de croissance pour 2020 devraient commencer à être publiées, les chiffres annoncés pour la zone euro en 2019 se sont finalement révélés un peu optimistes. Soulignant à quel point l'exercice des anticipations économiques est délicat, et combien il est difficile de prévoir tous les facteurs internes et externes susceptibles d'influence le rythme de progression d'un pays et d'une zone. Ainsi, en novembre 2018, que prévoyait le FMI pour la zone euro en 2019 ? Une croissance de 1,9% sur l'année, tirée par la demande intérieure, elle-même soutenue par la hausse des salaires et la diminution du niveau de chômage.

Certes, l'institution mentionne tout de même plusieurs risques susceptibles de peser sur ses prévisions de croissance : une intensification du conflit commercial, un resserrement des conditions financières et un Brexit désordonné. Finalement, seul le premier événement s'est produit l'an dernier, puisque les banques centrales ont assoupli leur politique monétaire l'an passé, contrairement à ce qu'elles avaient annoncé fin 2018, et alors que la victoire conservatrice aux législatives anglaises a écarté le scénario d'un hard Brexit.

L'enlisement du conflit commercial de janvier à juillet 2019 est-il vraiment l'unique responsable du déraillement du scénario de croissance du FMI ? Certes, la forte ouverture de l'économie européenne et son importante intégration dans la chaîne de valeur ont pesé sur le PIB du Vieux Continent dans le contexte du ralentissement des échanges mondiaux. Mais c'est surtout la très mauvaise performance de l'économie allemande l'an dernier, que le FMI n'avait pas à ce point envisagée, qui a pesé sur le niveau de croissance global de la zone euro. En effet, le PIB allemand ne devrait avoir progressé que de 0,5% en 2019, alors que le FMI tablait sur une croissance de 1,9%. L'économie allemande a souffert beaucoup plus que prévu de l'effondrement de son industrie automobile, pénalisée par la baisse des exportations mais aussi par le changement de normes qu'elle n'a pas su anticiper. Enfin, le pays s'est retrouvé confronté à des sécheresses spectaculaires, qui ont perturbé son trafic fluvial et ralenti ses exportations de marchandises.

Tous ces facteurs accumulés ont donc freiné l'économie allemande outre mesure. Or celle-ci représente 30% du PIB de la zone euro. La surestimation de la croissance allemande est donc l'une des principales raisons de la révision à la baisse du scénario du FMI pour 2019. Dans une moindre mesure, la France a elle aussi moins progressé que prévu par le FMI, de 1,3% contre 1,6% anticipé par l'institution pour 2019. Le poids de l'Hexagone dans l'économie de la zone euro est de 21%.  

Le FMI n'est pas la seule institution à avoir surestimé la croissance de la zone euro pour 2019. Fin 2018, l'OCDE prévoyait de son côté une hausse du PIB de 1,8% sur l'ensemble de l'année 2019 en zone euro, avec une croissance de 1,6% pour l'Allemagne et la France. Les économistes de la BCE tablaient quant à eux sur une hausse du PIB de 1,7% pour 2019 en zone euro, citant eux aussi le soutien de la demande intérieure comme principal moteur de l'économie du Vieux Continent. Le FMI, qui devrait publier d'ici trois semaines ses prévisions de croissance mondiale pour 2020, pourrait donc se montrer cette fois-ci plus prudent, malgré l'apaisement des tensions entre la Chine et les USA et la probabilité moins importante que la Grande-Bretagne ne sorte sans accord d'ici le 31 janvier. Car d'autres facteurs imprévus pourraient peser sur le Vieux Continent cette année, tel qu'un fort ralentissement chinois, une récession américaine (que peu anticipent puisqu'il s'agit d'une année électorale) ou une crise financière, après dix ans de hausse quasi ininterrompue des marchés boursiers.

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