Fusions, Acquisitions / Capgemini / Altran / Elliott Management
Fusions, Acquisitions
Capgemini / Altran / Elliott Management
Altran : Capgemini fait un (petit) geste
C’était son dernier prix, martelait depuis des mois Paul Hermelin, le PDG de Capgemini, à propos de son offre d’achat sur Altran… jusqu’à aujourd’hui. Le groupe a finalement consenti à relever de 50 cents, à 14,5 euros par action, le prix de son OPA sur le groupe de services technologiques. "Le prix de l’offre à 14,5 euros par action est ferme et définitif et représente une prime sur la pleine valeur de la société Altran. Nous sommes convaincus que ce rapprochement, contribuant à la création d’un leader mondial de la transformation digitale des entreprises industrielles et de technologie, est bénéfique pour l’ensemble des parties prenantes", ont indiqué les deux dirigeants de Capgemini.
Surtout, le groupe de services informatiques a voulu répondre aux arguments de l’activiste Elliott, qui soutenait qu’il ne fallait pas donner ses parts à ce prix car la cible vaudrait bientôt plus cher. D’une part, il a assuré que si son offre échouait, il ne relancerait pas de nouvelle offre sur Altran avant 18 mois, et qu’avec 11,43 % des parts aujourd’hui, il continuerait à gérer cet actif "comme un actif financier sans implication sur la stratégie opérationnelle de Capgemini". D’autre part, si cette offre est réussie – à savoir, s’il obtient au moins 50,1 % des parts – il ne déposera pas de nouvelle offre ou ne lancera pas de fusion à un prix supérieur au prix actuel. Capgemini signifie donc à ses actionnaires qu’ils n’ont pas intérêt à attendre avant d’apporter leurs parts d’ici à la clôture de l’opération le 22 janvier, car elles ne vaudront pas plus cher après et celle-ci ne sera réouverte que s’il atteint le seuil de la majorité du capital.
Mais ce prix a peu de chances de satisfaire le plus remuant de ses actionnaires : Elliott, qui a encore répété il y a quelques jours que le prix proposé ne reflète pas "la juste valeur d’Altran" et que l’opération pourrait être plus créatrice de valeur. Le fonds activiste, qui détient environ 14 % du capital de la cible, a aussi jugé que l’offre était encore moins attractive que dans le passé, eu égard à la hausse récente des marchés actions. Les cartes sont donc entre les mains des actionnaires institutionnels – Fidelity, Société Générale, Amundi AM, BlackRock, tous actionnaires autour de 5 % - mais aussi des actionnaires individuels (7,5 %) et des salariés (5,9 %) et du reste du flottant. Qui ont aujourd’hui entre les mains l’avenir soit de l’émergence d’un poids lourd du conseil technologique français, ou d’un méga deal de 3,7 milliards d’euros domestique, qui partirait en fumée.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

