Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / Banque de France / Banque centrale européenne
Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / Banque de France / Banque centrale européenne
Les vœux de François Villeroy de Galhau
Le Gouverneur de la Banque de France a donné son éclairage sur la macroéconomie mondiale. La Banque de France estime que l'année 2020 devrait être une année de "stabilisation", avec un risque de récession écarté aux États-Unis et en Europe et des incertitudes commerciales réduites, a indiqué François Villeroy de Galhau. Un message qui ressort des dernières perspectives économies mondiales publiées par les grandes institutions internationales et les grandes banques. S'appuyant sur les dernières prévisions des banques centrales de la zone euro de décembre, François Villeroy de Galhau dit entrevoir plus précisément une "amorce de stabilisation économique". De fait, la Banque centrale européenne prévoit une croissance économique d’1,1% et une inflation également d’1,1% - soit 0,1 point de pourcentage de moins qu’en 2019 pour les deux agrégats. En conséquence de quoi, cela devrait entraîner une "stabilisation de la politique monétaire" et notamment des taux courts, durant les prochains mois, toujours selon le Gouverneur de la Banque de France.
À ce propos, il est revenu plus en détail sur la politique monétaire menée par la BCE. Bien qu’ils ne soient pas "une fin en soi", il estime que les taux négatifs sont "positifs pour l’économie française dans son ensemble". Aussi, il évoque le chiffre de "2 points de croissance supplémentaires sur quatre ans" pour l'Hexagone, et explique que leur impact a une "contribution significative au million d’emplois nets créés en France depuis 2016". Par ailleurs, il a défendu le mécanisme de tiering instauré par l’institution de Francfort, qui permet d’alléger le fardeau que fait peser le taux de dépôt négatif sur les banques. Au lieu de payer un taux d’intérêt de 0,4% sur l’ensemble de leurs réserves excédentaires - le taux en vigueur avant septembre 2019 - auprès de la banque centrale, les banques paient 0,5% mais seulement sur une fraction de ce montant - le montant au-delà de 6 fois leurs réserves obligatoires. Plus concrètement, le Gouverneur de la Banque de France explique que ce mécanisme permet de réduire le coût des taux négatifs de près "de 4 milliards pour les banques européennes, dont environ 800 millions pour les établissements français".
Le grand argentier s'est aussi employé à rassurer le secteur bancaire face à la transposition en France de l'accord international de Bâle 3 pour renforcer la solidité financière des banques. "L'application de Bâle III ne nécessitera pas, pour aucune banque française, d'augmentation en capital dédiée", a-t-il déclaré, ajoutant que "la mise en œuvre de cet accord n'aura pas d'impact négatif sur le financement de notre économie". Toujours sur les banques, il les a mis en garde sur la distribution des prêts immobiliers à des ménages non solvables, dans la foulée de la recommandation émise en décembre par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). La recommandation de ce dernier portait principalement sur la durée et la charge de remboursement des crédits immobiliers.
Le HCSF recommande aux banques de ne pas octroyer de crédit immobilier sur plus de 25 ans et leur demande de ne pas accepter de dossiers dans lesquels les remboursements représenteraient plus d'un tiers des revenus du ménage - un taux d'effort maximal de 33% du revenu net de l'emprunteur. En tant que membre du HCSF, François Villeroy de Galhau est particulièrement au fait de ces problématiques, aussi il a déclaré que cette recommandation, "s'applique à tous les nouveaux prêts déposés depuis ce mois de janvier. Cela veut dire, en clair, que des dérives doivent s’arrêter, et des comportements doivent changer, vite". "Sinon, nous passerions à une surcharge en capital pour les prêts non conformes, même si cela ne fait pas partie de mes vœux", a-t-il averti. Il a également demandé aux banques de mieux gérer leur tarification de sorte que leurs marges soient suffisantes "pour couvrir les coûts et les risques associés aux crédits immobiliers".
Enfin, il a aussi souhaité que 2020 soit une "année d'inclusion" avec la poursuite du plafonnement des frais bancaires pour les clients fragiles, ainsi que celle de la "priorité climatique" avec dans les prochains mois les premiers "stress-tests climatiques" pour le secteur financier, destinés à "mieux identifier la résilience des banques et assurances aux risques climatiques".
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