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Macro-économie / Taux / Oxford / croissance / Etude

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Le changement de nature des émergents

Le cabinet de recherche Oxford Economics relève un rebond des performances économiques des émergents depuis la fin 2019. Il pourrait être pérenne au regard de certains changements structurels qui les affectent.
Emergents
Emergents

Depuis presque deux ans, les économies émergentes jouissent de conditions financières davantage accommodantes lorsque l’on s'intéresse de près aux indices qui capturent ces conditions selon Oxford Economics. Reste qu’il y a eu un certain effet de latence entre le moment où les conditions financières se sont détendues et la transmission à l’économie réelle. Oxford Economics parle d’un rebond depuis la fin 2019 - selon leurs indices qui représentent les performances de l'économie réelle - et s’intéresse aux facteurs fondamentaux qui pourraient le faire durer, dans un contexte où les économies avancées ne sont pas au meilleur de leur forme.

Le cabinet de recherche britannique met en avant deux caractéristiques nouvelles que possèdent les émergents. Tout d’abord, le changement de structure de leur commerce extérieur. Alors qu’au début des années 80, 69% de leurs exportations étaient à destination des États-Unis de l’Union Européenne ou d’autres économies avancées, elles ne représentent plus que 56% aujourd’hui. Ainsi, aujourd’hui un peu plus de 40% de leurs exportations sont à destination des économies émergentes (Chine incluse) – contre 30% au début des années 80. Le deuxième point, assez complémentaire du premier est la moindre vulnérabilité des émergents aux mouvements du dollar. De fait, historiquement et ce à cause du péché originel ,- le fait que les économies émergentes ont des difficultés à émettre de la dette à long terme libellée dans leur propre monnaie -, les pays émergents ont souvent dû s’endetter en dollars, ce qui les a rendus vulnérables aux mouvements d’appréciation du billet vert. Or Oxford Economics, explique que la composition de leur dette s'est modifiée en faveur des monnaies locales. Ainsi, leur croissance se voit moins affectée - à cause du renchérissement de leur dette en dollars - lorsque le dollar s'apprécie.

Ces deux éléments mettent en avant le fait que les émergents sont moins tributaires des péripéties que connaissent les économies avancées. Ainsi, malgré le contexte actuel de croissance atone pour ces dernières, il est possible d’espérer le meilleur pour ces derniers. Un autre point développé par Tamara Basic Vasiljev, économiste senior chez Oxford Economics et auteur de la note, est la plus faible croissance des émergents par rapport aux années 80 et 90. Cela serait principalement dû au ralentissement des gains de la productivité du travail. Sur une note plus positive, leur capacité à absorber les chocs macroéconomiques s'est renforcée. Car si leur croissance est moins élevée, elle également est moins volatile qu'il y a trente ans.

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