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elliott norbert dentressangle AMF sanction 20 millions d'euros

Fonds d'investissements / Elliott Management / AMF / sanctions

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Elliott Management / AMF / sanctions

Elliott à nouveau dans le viseur de l’AMF

Le gendarme boursier français a requis une amende de 20 millions d’euros dans le dossier Norbert Dentressangle contre l’investisseur activiste, qui a déjà été condamné en 2016. Il montre sa détermination sur le sujet de l'activisme actionnarial.
Paul Singer - Président et fondateur d’Elliott Management - Crédit photo : DR
Paul Singer - Président et fondateur d’Elliott Management - Crédit photo : DR

Elliott Management, l'investisseur activiste qui s'est fait une réputation pour ses méthodes pugnaces dans les dossiers qu'il défend, passe à nouveau sur le banc de l'AMF. Cette fois, le gendarme boursier français a requis une amende de 20 millions d'euros contre le groupe de Paul Singer pour avoir dissimulé ses intentions lors de sa montée au capital de Norbert Dentressangle, qui faisait l'objet d'une offre de rachat sur XPO Logistics en 2015. À l’époque, Elliott avait pris 9% du capital de la cible, puis avait fait blocage et empêché l'acquéreur de mener à bien une offre de retrait de cote, obligatoire au-delà du seuil de 95%. Après quatre ans de démêlés judiciaires, l'affaire sera réglée quatre ans plus tard, Elliott obtenant un prix de 260 euros pour ses actions contre un prix initial de 217 euros pour l'offre.

La représentante du collège de l'AMF a requis une amende "exemplaire dont le montant sera dissuasif", et déclaré: "Il ne s'agit pas d'une simple négligence. Les manquements revêtent un caractère particulièrement grave en portant une atteinte manifeste à l'intégrité du marché", a-t-elle déclaré. Elliott a ainsi acheté des produits dérivés et n'a pas indiqué qu'il comptait s'opposer à l'offre de retrait, ce dont auraient pu profiter les actionnaires en obtenant un prix supérieur à celui de l'offre. Une affaire qui n'est pas sans rappeler celle de Wendel et Saint-Gobain, ou encore de LVMH et Hermès.

Ce montant serait le plus élevé jamais décidé par l'AMF, qui avait déjà infligé une sanction de 20 millions d'euros à Natixis et Morgan Stanley en 2017 et 2019, pour avoir manipulé le cours de la dette souveraine française afin de limiter leurs pertes. Elliott avait déjà subi le couperet de l'AMF en 2016 lorsqu'il avait été condamné à payer une amende de 16 millions d'euros pour avoir acheté de nouvelles actions APRR en 2010, grâce à des informations privilégiées de la part d'Eiffage et Macquarie.

L'AMF suit de très près le dossier de l'activisme actionnarial, et a indiqué qu'elle présenterait ses propositions de réglementation sur le sujet avant la fin du premier trimestre, a annoncé Robert Ophèle, le président du régulateur boursier en début d'année.

Par ailleurs, Elliott a aussi frappé un grand coup en prenant une part de 2,5 milliards de dollars au capital de Softbank. Il réclame jusqu'à 20 milliards de dollars de rachats d'actions, des changements au board mais aussi plus de transparence sur le Vision Fund de 100 milliards de dollars, qui a investi dans nombre de licornes tech. À ce stade, les discussions sont coopératives, mais cette information a suffi à faire bondir le titre de Softbank de 7% en Bourse vendredi.

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