Publications, Résultats / Saint-Gobain / Pierre-André de Chalendar
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Saint-Gobain / Pierre-André de Chalendar
Saint-Gobain décrète l’état d’urgence
Ce n’est pas un hasard si l’action Saint-Gobain a vu son cours de Bourse divisé par deux depuis le début de l’année dans la foulée du krach boursier lié à l’épidémie de coronavirus. Le groupe est directement affecté, notamment dans ses activités de ventes de matériaux de construction, mais aussi de livraison de verre pour une industrie automobile qui a mis ses usines à l’arrêt.
C’est tout le fonctionnement de ce groupe vieux de près de quatre siècles, et qui a donc surmonté des crises de tous ordres, qui est remis en cause. Dans ces conditions les dirigeants de Saint-Gobain tentent d’adapter sa production à une demande qui a dégringolé. Notamment en réduisant ses coûts, par la réduction des équipes dans les usines, par le recours au chômage partiel voire, s’il le faut, par des arrêts d’activité purs et simples.
Dans le métier de la Distribution, le Groupe a fait évoluer au cours des derniers jours son mode de service aux clients, que ce soit en termes de ventes enlevées, de livraisons ou de ventes à distance (e-commerce et téléphone notamment) ; en particulier, certaines enseignes en France, qui se sont arrêtées quelques jours, reprennent progressivement leur activité.
Dans les métiers industriels, les sites ont procédé aux ajustements nécessaires, selon les impacts de la crise sur la chaîne de valeur, notamment dans le secteur automobile. La marche des usines est adaptée en permanence à l’évolution de la situation, de façon très flexible dans le cadre de la nouvelle organisation ; à ce titre, la totalité des usines chinoises du Groupe ont repris leur activité pour suivre l’amélioration rapide de la demande.
Compte tenu du contexte, Saint-Gobain tente coûte que coûte de limiter le plus possible les effets de la pandémie sur son résultat d’exploitation et sa trésorerie, en baissant ses investissements industriels par rapport à 2019, très significativement au-delà des 200 millions d’euros de réduction initialement annoncés ou en reportant tous les projets possibles prévus pour les prochains mois. Par ailleurs le groupe adapte sans tarder sa structure de coûts en utilisant les mesures mises en place par le gouvernement, notamment concernant le chômage partiel.
Mais Saint-Gobain se veut aussi rassurant en affichant une situation financière très solide avec 5 milliards d'euros de disponibilités et équivalents de trésorerie (pour une capitalisation boursière de10 milliards). Par ailleurs les sources de financement du Groupe ont été renforcées avec une nouvelle ligne de crédit syndiquée de 2,5 milliards d’euros, qui s’ajoute à des lignes de crédit confirmées et non utilisées de 4 milliards d'euros.
Tout cela n’empêchera pas le groupe d’être sensiblement affecté dans ses résultats et ses perspectives pour cette année. Par ailleurs Pierre André de Chalendar, le patron du groupe a écrit à tous ses salariés pour les rassurer, mais aussi pour leur témoigner sa solidarité. Dans ce courrier il indique que Benoit Bazin, le directeur général délégué et lui-même "avons décidé de verser à l’Assistance Publique, Hôpitaux de Paris - le plus grand centre hospitalier français - l’équivalent de ce que représenterait pour nous une mise au chômage partiel en France, durant tout le temps que durera cette crise."
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