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Quel sera l'impact du confinement sur le PIB mondial ?
La réunion du G20 d'hier soir n'a donné lieu à aucune décision majeure, si ce n'est que les États se sont engagés à faire "front commun" pour combattre la maladie. Une déclaration de principe sans mesure concrète derrière, puisque les 5.000 milliards de dollars d'injection dont il a été question correspondent simplement à l'addition des plans de relance budgétaires mis en place par les États, au niveau national. Sachant que le communiqué ne précise pas si ces 5.000 milliards comprennent les actions menées par les différentes grandes banques centrales.
Ce sommet, dont les conclusions sont on-ne-peut-plus décevantes, aura au moins permis à l'OCDE de donner une nouvelle estimation de ses prévisions de croissance pour cette année. Ainsi, l'institution est la seule à ce jour à avoir tenté de chiffrer l'impact de l'épidémie. Le 2 mars dernier, le Château de la Muette avait établi deux scénarios : celui d'une "épidémie contenue", qui aurait amputé la croissance mondiale de 0,5 point sur 2020, soit une hausse du PIB de 2,4% sur l'année. Ce cas de figure est naturellement depuis longtemps périmé. Second scénario, celui d'une "contagion plus large", grevant la croissance mondiale de 1,5 point. L'OCDE anticipait alors dans cette situation une croissance du PIB de 1,4% sur l'année.
Bien évidemment, ce deuxième scénario n'est malheureusement plus envisageable non plus, alors que 3 milliards d'individus dans le monde sont désormais confinés, entraînant un coup d'arrêt brutal de la machine économique dans plus de 70 pays. "Les Perspectives économiques intermédiaires de l’OCDE, publiées le 2 mars 2020, représentaient une première tentative pour prendre la mesure de l’impact probable du coronavirus sur la croissance mondiale, mais il semble désormais que nous soyons déjà bien au-delà du scénario le plus pessimiste envisagé alors. Le comportement des marchés financiers traduit l’extraordinaire incertitude créée par la situation. Il paraît de plus en plus probable que nous allons assister à des replis successifs du PIB mondial – ou des PIB régionaux – au cours du trimestre actuel de 2020 et des suivants", explique ainsi le secrétaire général Angel Gurria sur le site de l'OCDE.
Plutôt que de se livrer à de nouvelles prévisions globales pour l'année, le président de l'organisation a ainsi donné hier soir lors du G20 le résultat des estimations réalisées par ses équipes pour connaître le coût économique du confinement : selon leurs calculs, chaque mois de confinement coûtera deux points de PIB en moins pour le pays concerné. Par ailleurs, l'OCDE a estimé que les fermetures d'entreprises pourrait entraîner des réductions de 15 % ou plus du niveau de production dans les économies avancées et les principales économies de marché émergentes et de 25 % dans les économies dites intermédiaires.
Le secrétaire général de l'OCDE a par ailleurs exhorté les dirigeants à agir sur six fronts afin de faire face à la crise sanitaire et d'être mieux préparés à l'avenir à un tel choc :
-Recapitaliser les systèmes de santé et épidémiologiques
-Mobiliser tous les leviers macroéconomiques possibles : politiques monétaires, fiscales et structurelles ;
-Lever les restrictions commerciales existantes, notamment en ce qui concerne les fournitures médicales dont on a grandement besoin ;
-Apporter un soutien aux pays en développement vulnérables et aux pays à faible revenu ;
-Partager et mettre en œuvre les meilleures pratiques pour soutenir les travailleurs et tous les individus, employés et chômeurs - en particulier les plus vulnérables.
-Maintenir les entreprises à flot, en particulier les petites et moyennes entreprises, grâce à des mesures de soutien spéciales dans les secteurs les plus touchés, comme le tourisme.
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