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Goldman Sachs / David Solomon
Les goûts de luxe du patron de Goldman Sachs choquent une Amérique meurtrie par le virus
Les Américains ont appris en fin de semaine dernière que Goldman Sachs avait commandé, sur un ordre exprès de son patron David Solomon deux gros jets privés de type Gulfstream. Le premier est un modèle G650 ER qui peut embarquer une petite vingtaine de passagers et dont le prix est estimé à 50 millions de dollars. Le second est un modèle G280 dont le prix de vente est de 24 millions de dollars. Ils sont tous les deux équipés de moteurs Rolls-Royce.
Cette annonce tombe d’autant plus mal pour Goldman Sachs que ses actionnaires ont appris il y a quelques jours que la rémunération de David Solomon avait augmenté de 20 % l’an passé à 27,5 millions de dollars. Il s'agit de la plus forte augmentation accordée au patron d’une banque américaine. Alors même que ce dernier a renvoyé l’an passé plusieurs associés et mis en place un plan d’économies lié à la réduction du nombre d’opérations de fusions et acquisitions.
Difficile pour Goldman Sachs de justifier ces dépenses somptuaires au moment où l’Amérique compte ses morts par milliers après être devenue à son tour l’épicentre de la pandémie de coronavirus. La banque explique simplement qu’elle fera des économies par rapport à la location d’aviation Netjets qu’elle pratiquait jusqu’ici, alors que ses principales concurrentes possèdent leur propre flotte d’avions privés.
Ces révélations ont même secoué le monde politique. À commencer par la sénatrice Elizabeth Warren, candidate à la primaire démocrate qui a dénoncé publiquement la rémunération "indécente" de David Solomon dans ce contexte où plus de dix millions d’Américains se retrouvent au chômage. Même l’ancien secrétaire au trésor de Bill Clinton, Larry Summers a fustigé le comportement du patron de Goldman Sachs, injustifiable en cette période de crise sanitaire et économique.
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