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CMA-CGM va demander un Prêt Garanti par l’État
Selon les informations obtenues par WanSquare et confirmées par la société, le groupe marseillais CMA-CGM qui a réalisé l’an passé un chiffre d’affaires historique de plus de 30 milliards de dollars, prépare avec sa banque conseil, Lazard, la demande d’un prêt garanti par l’état. Le montant de ce prêt ne nous a pas été communiqué. Mais il portera sur plusieurs centaines de millions d’euros et devra faire l’objet d’un décret ad hoc de la part du ministre de l’Économie compte tenu de la taille de l’armateur marseillais.
Interrogés par nos soins les dirigeants de CMA-CGM expliquent qu’il s’agit d’un PGE de sécurité plutôt que de nécessité. La position en cash du groupe est en effet solide avec 1,3 milliard de dollars à son bilan à fin 2019. Mais dans son rapport annuel l’armateur indique avoir décalé une échéance de 535 millions de dollars et fait part de son intention de lever 2 milliards de dollars d’ici juin 2020 de manière à allonger la maturité de sa dette qui s’élève à 9 milliards de dollars (hors les contrats de locations de navires et de conteneurs désormais inscrits en dettes en raison de nouvelles normes comptables).
Il faut dire qu’avant qu’intervienne cette crise du coronavirus, le groupe qui est l’un des principaux armateurs mondiaux avec 502 navires, et 2,5 millions de conteneurs et qui a transporté l’an passé 22 millions de conteneurs, soit l’équivalent de la moitié du trafic annuel du premier port mondial, celui de Shanghai, avait commandé dix nouveaux navires de grande ampleur à des chantiers chinois. Ces porte-conteneurs géants, dont cinq fonctionneront au gaz naturel liquéfié dans un souci environnemental, doivent être livrés en 2021.
Le principal problème de CMA-CGM est que depuis la crise du Covid-19, le trafic mondial a chuté et le groupe anticipe d’afficher à fin juin, mais probablement aussi pour l’ensemble de l’année. Une baisse des volumes de l’ordre de 10 %. Ce qui aura un effet important sur sa rentabilité compte tenu de l’importance des coûts fixes. En revanche, l’armateur profite largement de la baisse des prix du fioul – sa consommation étant l’un des principaux postes de charges variables – même s’il en répercute une partie auprès de ses clients à travers la baisse des taux de fret.
Par ailleurs CMA-CGM va commencer à profiter de la restructuration de sa filiale de logistique Ceva acquise en 2018 et 2019 et qui a contribué à alourdir son bilan. Mais le groupe peut compter sur le soutien de la BPI qui a repris à son compte les engagements de l’ex-FSI. Un prêt de sa part arrivant à échéance cette année sera remboursé en actions. Ce qui donnera à la BPI 6 % des titres de CMA-CGM aux côtés du turc Yildrim (24 %), la famille Saadé conservant 70 % du capital. Avant même cette opération la BPI va obtenir dès la prochaine assemblée un siège d’administrateur et un siège de censeur au conseil du groupe.
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