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Professions financières / Banques / Emploi / HSBC / Deutsche Bank / Société Générale / BNP Paribas

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Banques européennes : les vagues de licenciements arrivent

Après avoir mis en pause leurs plans de restructurations, les banques européennes, qui paient un lourd tribut à la crise, les remettent sur les rails. Les cessions d’activités et suppressions d’emplois promettent d’être encore plus douloureuses.
Emploi US
Emploi US

C’était un des rares points positifs de la crise systémique du coronavirus : les banques, qui pour certaines avaient annoncé de grands programmes de restructurations, impliquant la suppression de dizaines de milliers d’emplois, ont tout gelé. Mais aujourd’hui, alors que la réouverture des économies se profile et que les institutions financières ont vu leurs montants de provisions et de coût du risque exploser, elles n’ont pas d’autre choix que de relancer ces difficiles projets. Et c’est probablement l’emploi qui sera la principale variable d’ajustement.

Pour rappel, HSBC avait annoncé en février dernier un grand plan de recentrage de ses activités, qui se caractérisait par la vente de son activité retail HSBC France, parmi d’autres, et la suppression de 35.000 emplois. Un plan préparé de longue date par Noel Quinn, le CEO par intérim qui s'est attelé à la tâche pendant que son board continuait à chercher un nouveau patron. Las, la banque sino-britannique a dû faire machine arrière dès l’éclatement de la crise du coronavirus, et geler toute cession d’actifs et plan social pendant six semaines. Une facture que Noel Quinn a évaluée à 380 millions de dollars au premier trimestre, lors de la publication des résultats de la banque. C’est pourquoi le chairman Mark Tucker et le board ont récemment relancé les discussions sur ce sujet, et souhaitent que la banque aille encore plus loin dans ses coupes de coûts, en particulier sur le personnel.

Autre acteur en difficultés, Deutsche Bank a aussi demandé des efforts à ses salariés, en demandant par exemple à 200 managing directors à Londres et New York de renoncer à un mois de salaire pendant la crise, par acte de solidarité. La banque allemande a par ailleurs pris des engagements forts envers ses actionnaires, comme la réduction de ses coûts de 2 milliards d’euros cette année et la suppression de plus de 13.000 emplois d’ici 2022, dont 4.000 hors d’Allemagne. Qu'il va désormais falloir honorer. Son CEO Christian Sewing a envisagé d’augmenter ces licenciements lors de son assemblée générale annuelle, avant de préciser qu’il ne souhaitait pas sacrifier des postes générateurs de revenus, en particulier en front-office.

De son côté, le CEO de Credit Suisse Thomas Bottstein a lui aussi commencé à envisager des réductions d’effectifs dans le journal suisse NZZ, en parlant de "potentiel d’optimisation" de sa banque d’investissement. Les restructurations seront inévitables pour les banques européennes, notamment celles qui comme en France ont dû participer à l’effort national, via les prêts garantis par l’Etat. Société Générale, qui avait déjà programmé la suppression de 5.000 postes entre 2016 et 2020 et a publié des résultats très dégradés au premier trimestre en raison des dérivés actions, est en première ligne. Mais aussi BNP Paribas, qui a certes mieux résisté mais avait déjà annoncé 3.200 suppressions d’emplois entre la France (500), la Belgique chez Fortis (2.200) et l’Italie (1.500).

Mais les banques européennes auront aussi à cœur de ne pas trop réduire la voilure : d’une part car la diversification est importante, surtout quand certaines activités de marchés ont été disloquées par une crise comme celle-ci, et d’autre part, pour ne pas perdre trop de parts de marché sur leurs concurrentes. Car s’il est encore besoin de le rappeler, le paysage bancaire européen n’a pas encore connu de véritable vague de consolidation.

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