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Sur les marchés / écologie / Paris Europlace / Banque-assurance

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Transition écologique : la Place de Paris passe la vitesse supérieure

D'ici la fin de l'année, tous les principaux acteurs de la Place de Paris devraient avoir défini leur stratégie de sortie du charbon. Un observatoire de la finance durable sera également lancé à l'automne prochain. Mais il reste du chemin à parcourir pour respecter les Accords de Paris.
Charbon - écologie
Charbon - écologie

La Place de Paris n'a pas attendu le compte rendu de la convention citoyenne pour le climat pour se mettre à l'heure de la finance verte et durable. Les recommandations de la convention ne contiennent d'ailleurs aucun élément sur le sujet spécifique de la finance, si ce n'est l'ajout d'un bilan carbone au bilan comptable de toutes les entreprises. Pourtant, il y a tout juste un an, les principales organisations et fédérations professionnelles représentatives de la Place financière de Paris (AFG, FBF, Paris Europlace et Finance for Tomorrow) annonçaient de nouveaux engagements en faveur de la lutte contre le changement climatique, afin de contribuer à la neutralité carbone à l'horizon 2050. Douze mois plus tard, le bilan est plutôt honorable, mais il reste encore du chemin à parcourir pour respecter les Accords de Paris.

Première avancée importante de la part des acteurs financiers de la Place, tous devraient avoir défini d'ici la fin de l'année leur stratégie de sortie du charbon. En novembre dernier, BNP Paribas a notamment annoncé l'arrêt de ses financements au secteur du charbon dans les pays de l'UE d'ici 2030 et en 2040 pour le reste du monde, et accru son objectif de financement dans les énergies renouvelables, à hauteur de 18 milliards d'euros pour 2021. Critiquée pour n'avoir intégré que les pays de l'UE d'ici 10 ans, alors que plus de 20% de la capacité de production d'électricité à partir de charbon est produite dans les pays de l'OCDE hors UE, la banque a décidé d'accélérer son calendrier. En mai dernier, elle s'est fixée 2030 pour l'ensemble des pays de l'OCDE et annoncé qu'elle refuserait tout nouveau client qui réaliserait plus de 25% de son chiffre d’affaires dans le charbon.

Côté gérants, des stratégies d’exclusion du charbon s’appliquent déjà à plus des deux tiers des actifs gérés en France par des sociétés de gestion de portefeuilleMeeschaert AM a ainsi annoncé fin mai son désinvestissement des entreprises impliquées dans l’exploitation de mines de charbon thermique. Les assureurs enfin ont eux aussi fait leur part du travail : une quinzaine d’acteurs représentant plus de 70% des actifs gérés par le secteur prévoient une date de sortie définitive du charbon ou un abaissement progressif des seuils d’exclusion de leurs politiques. Plus de 750 millions d’euros ont ainsi été désinvestis du charbon par les assureurs au titre de l’application de ces politiques en 2019.

Autre élément qui devrait permettre d'accélérer la transition énergétique de la Place de Paris, la mise en place d'un Observatoire de la finance durable à partir d'octobre prochain, pour suivre les engagements des principaux acteurs financiers français. Certes, il devrait permettre d'avoir une meilleure vision de la transformation du secteur financier vers la finance durable. Mais les acteurs ne communiqueront leurs engagements que sur une base volontaire, ce qui réduit un peu la portée de cet organisme. La publication par l'Association française des sociétés financières (AFSF) d'ici fin 2020 de statistiques pour mesurer l’évolution des financements d’équipements "verts" devrait en revanche être utile aux banques pour mieux tracer l'impact écologique de leurs prêts : acquisition par les ménages de véhicules plus propres, rénovation énergétique des logements et des bâtiments industriels, investissements dans l’éolien, biomasse et recyclage des déchets, tout ceci devrait être mieux pris en compte d'ici la fin de l'année.

Certes, la Place de Paris peut se targuer de détenir quatre banques dans le Top 10 mondial en matière de prêts durables, ainsi que des encours sous gestion labellisés "Investissement responsable" de 1.861 milliards d'euros (contre 1.458 à fin 2018). Sachant que les fonds de capital investissement de l'Hexagone ont aussi contribué à verdir leur métier : sur 10 ans, de 2010 à 2019, 5,7 milliards d'euros ont été investis par les acteurs du capital-investissement français dans les Cleantech françaises, dont plus du tiers dans les énergies renouvelables. Mais il faudra sans doute que des objectifs précis et contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre soient fixés dans la loi pour tous les grands acteurs financiers, afin que le secteur accélère réellement sa transition. Les banques risquent sinon de prendre des demi-mesures qui ne seront pas à la hauteur de l'enjeu écologique. Car en 2018, les émissions de gaz à effet de serre issues des activités de financement et d’investissement des quatre principales banques françaises – BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE – dans le secteur des énergies fossiles atteignaient encore plus de 2 milliards de tonnes équivalent CO2, soit 4,5 fois les émissions de la France cette même année.

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