WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
La bourse de Paris veut être un moteur de la relance

Entreprises / Actions / Bourse / Paris Europlace / Euronext

Entreprises / Actions
Bourse / Paris Europlace / Euronext

La Bourse de Paris veut être un moteur de la relance

Paris Europlace a publié deux rapports ayant vocation à faire de la Place de Paris un levier de la relance économique. Pour parvenir à jouer ce rôle, elle compte notamment sur l’investissement responsable.
Paris Europlace - logo
Paris Europlace - logo

Le constat est clair : en 2019, seules 29 entreprises se sont introduites à la Bourse de Paris (dont 9 avec une levée de fonds), alors que 35 opéraient un retrait. En mars 2020, 19 OPA étaient déjà enregistrées contre seulement 13 nouvelles introductions. Pourtant, "la Bourse reste théoriquement le moyen de financement le plus efficient pour les entreprises suffisamment matures " défend Xavier Girre, directeur exécutif groupe en charge des finances chez EDF et président du collège Entreprises de Paris Europlace à qui on a confié la production d’un rapport intitulé "la Bourse comme levier de la croissance". Sujet ô combien central, d’autant plus que "l’accès aux fonds propres est un enjeu essentiel de la crise et du rebond".

Alors, dans son rapport, Xavier Girre propose 3 axes de travail. D’abord, "la formation, afin de créer un continuum entre le financement côté et le financement non-côté", notamment dans les établissements d’enseignements supérieurs type écoles de commerce et auprès des fonds d’investissement. Ensuite, faciliter les introductions en Bourse grâce aux fonds cornerstone (qui allouent une partie du capital proposé à certains investisseurs avant même la construction du livre d’ordres, amenant publicité et crédibilité) et à la simplification réglementaire. Pour cela, il souhaite "intégrer au cahier des charges de l’initiative TIBI [suggestions au gouvernement pour promouvoir la Bourse] la capacité des fonds à accompagner vers la Bourse c’est-à-dire jouer le rôle de fonds cornerstone".

Ces deux axes de travail visent en fait à ramener les entreprises vers la Bourse. En effet, les entreprises se tournent désormais plus vers le private equity. Ainsi, en 2019, 20,9 milliards d’euros, soit 12 % de plus qu’en 2018, alors que seulement 25 milliards d’euros ont été levés sur les marchés. Ce sont notamment les ETI et PME qui préfèrent le PE, par difficulté réglementaire et recherche de flexibilité, alors que dans le même temps les entreprises qui s’introduisent le font souvent à un stade de développement pas assez mûr. Dès lors, c’est même une antisélection qui s’opère : se cotent les entreprises n’ayant pas réussi à lever des fonds auprès d’acteurs privés. "En 2019, seulement 384 millions d’euros ont été levés par 10 PME sur Euronext Growth, soit un ticket moyen de 38 millions d’euros", relate le rapport. Après avoir pris conscience du problème, la Place de Paris souhaite donc miser sur l’éducation et l’accompagnement.

Le troisième axe complète les deux premiers, en renforçant l’attrait de la Bourse par l’information, la transparence et la liquidité. Si le principe du cornerstone reprend aussi cette idée, Xavier Girre mise aussi sur le développement des recherches sponsorisées et la promotion des succès en élargissant le label French tech aux entreprises cotées.

Tout cela vise à mettre de nouveau la lumière sur "la rencontre libre, transparente, presque démocratique" avec les investisseurs que permet la Bourse. Qui dit démocratie, dit de nos jours l’appel de plus en plus pressant pour des investissements ESG. Et la place de Paris a pris le sujet à bras-le-corps, comme le démontre la publication du rapport "investir utile et responsable", présidé par Valérie Baudson, directrice générale de CPR AM, membre du Comité exécutif de Amundi. Cette dernière a travaillé autour de 4 thèmes, de la dimension sociale de l’investissement à l’enjeu des données financières et extra-financières, sans oublier la promotion de l’investissement de long terme et de l’attrait. Bien plus que des cailloux dans la chaussure de la Bourse, ces questions sont appréhendées comme une nouvelle source de compétivité pour la place de Paris. Ce qui explique la création d’un "groupe de contact Entreprises-Investisseurs", co-présidé par Valérie Baudson et Xavier Girre, en concertation avec Finance for Tomorrow, pour travailler de concert.

Ces rapports pourraient bien marquer l’entrée de la place de Paris dans le monde d’après. Augustin de Romanet, président de Paris Europlace, ne s’y trompe d’ailleurs pas : "nous devons accompagner le développement durable et soutenable de l’économie vers un capitalisme plus inclusif et respectueux et un système financier qui repose plus sur les fonds propres et moins sur l’endettement pour assurer stabilité des entreprises". Pour susciter l'intérêt, la Place de Paris n’en nécessite pas moins.  

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article