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Série : les Patrons et le Monde d'après : Patrice Caine

Politique économique / Thales / Patrice Caine

Politique économique
Thales / Patrice Caine

Série : les Patrons et "le Monde d'Après" - Patrice Caine - P-D.G de Thales

WanSquare a interrogé plusieurs grands patrons de la finance, de l'industrie, des services, à la tête d'entreprises internationales, ainsi que des économistes de renom, afin de leur demander, près de quatre mois après le début du confinement, comment ils abordaient "le Monde d'Après". Patrice Caine, P-D.G. de Thales a accepté de se livrer à l'exercice.
Patrice Caine
Patrice Caine

 

Comment votre entreprise a-t-elle traversé la crise du Covid-19 ?

 

Nous avons rapidement élaboré et déployé un plan d’adaptation pour toutes nos activités mondiales fin mars - début avril. Notre priorité a été d’assurer la protection des équipes, en leur fournissant un cadre de travail dans le strict respect des règles sanitaires et de sécurité, tout en leur permettant de garantir la continuité de service à nos clients en charge de missions critiques pour nos sociétés (transport, santé, sécurité numérique et physique, défense, télécommunications et secteur bancaire…).

De plus, Thales a joué un rôle auprès de ceux qui ont permis, partout dans le monde, de nous soigner ou tout simplement de faire fonctionner nos sociétés ; le Groupe a aidé les personnels soignants en mettant à leur disposition des technologies et son expertise, dans des domaines aussi divers que la radiologie et les respirateurs, la télémédecine, la lutte contre la cybercriminalité, ou encore dans la gestion des informations relatives à la crise et la protection des infrastructures informatiques de grands organismes de santé.

Ces périodes de crise sont aussi des moments de vérité pour mettre à l’épreuve des faits la raison d’être d’un Groupe dans un monde faisant face à une crise inédite. Je dois dire que notre raison d’être "Construire un futur de confiance" a été à la fois particulièrement utile et pertinente pour tous nos collaborateurs que je remercie ici à nouveau. Malgré des craintes personnelles légitimes et les fortes contraintes, ils sont restés mobilisés pour continuer à proposer des solutions innovantes et durables au service de l’humain.

Mais soyons vigilants, la crise n’est pas encore derrière nous et je pense que des défis majeurs nous attendent encore. Il nous faut rester à l’écoute de nos sociétés qui ont pris le virage irrémédiable du changement.

 

Y aura-t-il, pour vous, une "France d’après" cette crise sanitaire et économique ?

 

Tout évènement de cette envergure créé un mouvement et une nouvelle dynamique avec des impacts directs plus ou moins forts sur nos sociétés. Cette crise a éveillé les consciences sur plusieurs questions (santé, développement durable, souveraineté, autonomie, résilience, etc.), et a aussi stimulé notre capacité d’adaptation à l’imprévu. La France d’après, audacieuse, solidaire, férue de hautes technologies, je l’ai vue dans nos laboratoires et sur nos sites industriels…

 

Si Oui, quels changements voyez-vous venir ?

 

Nous avons par exemple tous été rapidement sensibilisés aux bénéfices des technologies numériques. On parle fréquemment de la transformation numérique de notre monde et des apports de ces nouveaux usages liés à l’évolution digitale. Ces technologies sont devenues, par la force des choses, essentielles à notre quotidien. Elles ont créé un lien ultime nous permettant de rester connectés sur le plan personnel et professionnel. Payer sans contact est devenu une évidence quotidienne. Se connecter en ligne à sa banque pour gérer des transactions en toute sécurité à distance. Échanger des documents sensibles entre collaborateurs grâce à des canaux de communication sécurisés et cryptés. S’authentifier en ligne pour accéder aux services gouvernementaux grâce à son identité numérique. Pour chacun de ces exemples, il y a une pièce majeure qui rend tout cela possible. C’est la confiance. Plus on tend vers des activités digitales, non tangibles et dématérialisées, plus la notion de confiance devient centrale. Car le digital on l’adopte avec confiance ou on ne l’adopte pas. C’est précisément ce à quoi nous travaillons au sein de Thales : pouvoir apporter cette confiance en offrant des expériences numériques simplifiées et fiables. Ainsi l’expertise acquise par notre pépite technologique Gemalto, apporte entre autres cette confiance indispensable à nos sociétés de demain et complète parfaitement les atouts de Thales.

 

La crise du coronavirus va-t-elle rebattre les cartes de la mondialisation ?

 

La crise a mis en lumière l’importance pour des pays et des entreprises de rester maître de leur destin en détenant les technologies clés, indispensables à leur développement. C’est précisément ce que Thales propose depuis des décennies à ses clients : développer une R & D puissante, s’appuyant sur un écosystème académique local, pour développer et pérenniser des expertises propres et être encore plus attractifs dans un monde de géants.

 

Faut-il davantage de "souverainisme économique" comme le dit le Chef de l’État ?

 

En effet, les questions de souveraineté technologiques sont de plus en plus présentes partout dans le monde. La libre circulation des individus, des capitaux et des idées oblige aujourd'hui les États à tenir compte des contextes régionaux et internationaux dans lesquels ils évoluent. Il est primordial pour les États de pouvoir gagner en autonomie tout en reconnaissant qu’en matière de technologie, il est aussi impossible de faire cavalier seul sur certains sujets.

Ainsi, des acteurs comme Thales contribuent à développer une souveraineté technologique "MADE IN EUROPE", garante d’un environnement de confiance entre gouvernements/citoyens, entreprises/utilisateurs.

 

Êtes-vous inquiets de l’état de nos finances publiques après cette crise ?

 

Il est certain que l’impact de la crise va être lourd à porter ; cela dit, les décisions fortes qui ont été prises étaient indispensables pour l’avenir de nos pays et de nos économies.

 

Si vous deviez souffler une mesure à nos dirigeants, quelle serait-elle ?

 

Malgré les crises et les incertitudes, continuons à investir dans notre avenir et notamment dans notre jeunesse, dans l’éducation scientifique des nouvelles générations et dans la recherche, à travers des programmes ambitieux où la France et l’Europe peuvent faire la différence pour construire un avenir de confiance.

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