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Thales / Cybersécurité / Imperva / Patrice Caine

Thales change de dimension dans la cybersécurité avec Imperva / Acquisition transformante à 3,6 milliards de dollars

En acquérant le leader américain de la cybersécurité Imperva, Thales affiche ses ambitions mondiales dans la consolidation d’un marché hautement stratégique et en forte croissance. Avec cette opération, la plus importante depuis l’acquisition de Gemalto, le groupe met la main sur un groupe très rentable et dynamique, sans attendre un éventuel dénouement du dossier Atos.
Patrice Caine, le président-directeur général de Thales - Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP
Patrice Caine, le président-directeur général de Thales - Photo by Ludovic MARIN / POOL / AFP

Thales ne jouera pas les seconds rôles dans la cybersécurité. En annonçant mardi la signature d’un accord en vue d’acquérir pour 3,6 milliards de dollars (soit 3,26 milliards d’euros) l’américain Imperva, le groupe de technologies et de défense, conseillé dans cette opération par Morgan Stanley et Centerview Partners, a frappé un grand coup. D’abord parce que la taille de la cible est sans commune mesure avec les opérations précédentes conduites sur ce marché défini comme prioritaire par Patrice Caine, son président-directeur général.

Jusqu’ici, Thales avait plutôt procédé par petites touches. Tout récemment, le groupe a ainsi mis la main pour 111 millions d’euros la société australienne Tesserent spécialisée dans la détection et dans la réponse aux cyberattaques. L’an dernier, il avait acquis S21sec et Excellium, deux acteurs européens de la cybersécurité, pour 120 millions d’euros puis le groupe néerlandais OneWelcome spécialiste de la gestion des identités et des accès clients pour 100 millions d’euros.

Avec Imperva, Thales change de catégorie. La cible, acquise auprès du fonds d’investissement Thoma Bravo, a réalisé 500 millions de dollars de chiffre d’affaires l’an dernier, soit près du tiers à elle seule de l’activité de cybersécurité de Thales. Celle-ci, logée dans la division Identité et Sécurité Numériques (Digital Identity and Security ou DIS) a généré en 2022 des ventes de 1,5 milliard d’euros.

 

Application security

 

Plus spécifiquement, Imperva va renforcer la croissance des activités de sécurité des données (data security) de Thales et faire entrer le groupe sur le marché porteur de la sécurité des applications (application security), qui est le segment à la croissance la plus rapide du domaine de la cybersécurité civile.

"La data security représente à peu près 40 % de l’activité d’Imperva, un domaine dont ils sont l’un des leaders dans le monde et sur lequel la société réalise 200 millions de dollars de chiffre d’affaires", a expliqué Patrice Caine lors d’une présentation. "Ce marché de la sécurité des données représente 9 milliards de dollars. En croissance rapide, il devrait atteindre 15 milliards de dollars à l’horizon 2026 ", a-t-il ajouté. Quant au deuxième grand segment, celui de la sécurité des applications, sur lequel Imperva réalise 60 % de son activité, la taille du marché devrait doubler de 3 milliards de dollars aujourd’hui à "environ 6 milliards de dollars à l’horizon 2026", a indiqué Patrice Caine.

De quoi élargir le champ des possibles. Un contexte de croissance qui va d’ailleurs conduire Thales à regrouper, à compter du 1er janvier 2024, toutes ses activités cyber civiles (une partie se situant actuellement au sein de l’activité Défense & Sécurité) au sein de la division Identité et Sécurité Numériques (DIS). Cette entité née en 2019 lors du rachat Gemalto verra ainsi renforcée sa position d’"acteur incontournable " de la cybersécurité. Ainsi reconfigurée, DIS devrait connaître une croissance annuelle organique de 6 à 7 % pour atteindre un chiffre d’affaires compris entre 5,4 et 5,5 milliards d’euros en 2027 (au lieu de 3,6 milliards d’euros en 2022), avec une marge opérationnelle de 16,5 %, prévoit Thales.

Précisément, "pro forma, à la suite des acquisitions d’Imperva et de Tesserent, les produits et services globaux de cybersécurité devraient représenter 44 % du chiffre d’affaires de DIS en 2024, avec un marché potentiel de 36 milliards de dollars, représentant une augmentation de 60 % par rapport à la situation précédente", a indiqué le groupe.

 

Synergies

 

D’autre part, la compatibilité entre les cultures des deux entreprises semble déjà forte. Suffisamment en tout cas pour communiquer ouvertement à la fois sur des synergies de coûts et de revenus. Thales estime en effet que leur complémentarité devrait générer environ 110 millions de dollars de synergies en rythme de croisière, dont 50 millions d’euros de synergies de coûts et de 60 millions de dollars liés aux synergies de chiffre d’affaires. D’ailleurs, avec Imperva, Thales n’achète pas seulement des parts de marché et de la croissance à deux chiffres mais une entreprise profitable depuis longtemps, avec une marge estimée autour de 20 % d’ici à 2027.

Imperva vient ainsi cocher de grandes cases de la stratégie d’expansion en cybersécurité de Thales. Le but étant de capter une part de plus en plus importante d’un gâteau de la cybersécurité évalué par le cabinet d’études Grand View Research à environ 136 milliards de dollars, qui croît de 10 % par an, parfaitement aligné avec son profil d’entreprise au cœur des enjeux de souveraineté.

Avec cette opération, le groupe montre aussi qu’il a eu raison de temporiser dans le dossier Atos, dont les activités de cybersécurité l’intéressent mais pas sous la forme qui lui était proposée de prise de participation minoritaire dans l’entité Eviden du groupe informatique. "Les activités d’Imperva sont légèrement plus petites en taille que les activités de cybersécurité d’Atos, mais bien plus rentables, en croissance bien plus forte et en dynamique commerciale bien plus positive", souligne un analyste. "C’est un actif qui objectivement est de meilleure qualité et qui complète bien mieux leur portefeuille ", ajoute-t-il. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne serait pas intéressant pour Thales de se positionner sur les activités de cybersécurité d’Atos si celles-ci venaient à être sorties du périmètre et mises en vente isolément.

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