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Goldman Sachs / Publication des résultats / Banque / crise / Banque de détail / CIB

Goldman Sachs, le bon élève de Wall Street

La banque américaine a fait bien mieux que ses pairs au deuxième trimestre, grâce à la très bonne performance de ses activités de marché. Mais elle a aussi dû revoir en hausse de 70% ses provisions, ce qui confirme les perspectives très sombres des banques et contredit l'optimisme du président de la Fed de Saint-Louis.
Goldman Sachs
Goldman Sachs

Alors que ses trois concurrentes – JP Morgan, Citigroup et Wells Fargo – ont annoncé des résultats en nette baisse et 28 milliards de dollars de provisions sur crédits hier, Goldman Sachs a profité de son statut de leader mondial de la banque de marché pour surperformer ses pairs. La banque a ainsi publié des revenus en hausse de 41% à 13,3 milliards de dollars, soit le deuxième meilleur trimestre de son histoire, grâce à son activité de courtage. Elle a su tirer parti de l’explosion de la volatilité, un environnement dans lequel elle a fait sa réputation dans le passé et qui ne s’était quasiment pas produit en l’espace de dix ans : ses activités de trading ont bondi de 149%. Par ailleurs, elle a aussi participé aux montants records d’actions et obligations émis par les corporates, si bien que son activité de banque d’investissement a bondi de 36% sur un an.

Au final, dans un contexte historique de pandémie, Goldman Sachs a même réussi à afficher un profit en légère hausse (+2%, à 2,4 milliards de dollars), soit 6,26 dollars par action, alors que le consensus n’en attendait que 3,78 dollars par action. Un tour de force lorsque l’on sait que les profits de JP Morgan et Citigroup, qui sont plus exposés à une banque de détail impactée par la pandémie, ont chuté de 51 % et 73 % sur la même période, et que Wells Fargo a publié ses premières pertes en plus de dix ans. S’il s’est donné les moyens depuis plusieurs années de développer cette activité bancaire pour le plus grand nombre, notamment avec sa banque en ligne Marcus, il bénéficie aujourd’hui de sa nature de banque de marché, apte à tirer parti des dislocations qui ont eu lieu au printemps dernier.

Le groupe emmené par David Solomon n’ignore pourtant pas les challenges à venir, alors que les plus grosses conséquences économiques de la crise du coronavirus sont à venir. Elle a ainsi annoncé 1,3 milliard de dollars de provisions, un chiffre en hausse de 70% par rapport à fin mars, principalement pour des pertes en vue ses prêts corporates, et à titre secondaire, ses prêts à la consommation.

Les résultats de Goldman Sachs ont été applaudis par les investisseurs : le titre gagne plus de 3% ce mercredi, et les marchés poursuivent leur irrationnelle ascension, portés par de nouveaux espoirs de vaccins. Par ailleurs, les investisseurs ont été encouragés par les propos de James Bullard, président de la Fed de Saint-Louis, hier, qui a jugé que selon les données macroéconomiques, le mois d’avril semble avoir été le point bas de la crise et que les prévisions du deuxième trimestre sont moins négatives. Ou encore que le taux de chômage, à plus de 11 % aujourd’hui, pourrait revenir à 4,5 % si les chômeurs temporaires étaient rappelés dans les six prochains mois.

Un ton qui tranche nettement avec celui employé hier par la directrice financière de JP Morgan, Jennifer Piepszak, selon qui "les mois de mai et juin seront les chocs faciles, tandis que nous atteignons le moment de vérité, dans les prochains mois". Ou encore Michael Corbat, CEO de Citigroup, qui avait estimé que "personne ne devrait sortir de ces résultats bancaires en ayant l’impression que le pire est derrière nous et qu’un chemin facile nous attend". Les investisseurs, eux, ont pour le moment choisi leur camp.

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