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BNP Paribas / Jean-Laurent Bonnafé / BFI / CIB / Banque de détail

BNP Paribas signe un premier trimestre historique / La BFI et la banque de détail en vedette

BNP Paribas a dégagé au premier trimestre 2023 un bénéfice astronomique de plus de 4 milliards d’euros, largement soutenu par la vente de son ancienne filiale américaine Bank of the West. Hormis cet élément exceptionnel, ses résultats s’avèrent également très solides, portés par la banque de financement et d’investissement, ainsi que l’impact de la hausse des taux d’intérêt sur les revenus de sa banque de détail.
BNP Paribas a publié un résultat net de 4,4 milliards d'euros au premier trimestre - Laurent GRANDGUILLOT/REA
BNP Paribas a publié un résultat net de 4,4 milliards d'euros au premier trimestre - Laurent GRANDGUILLOT/REA

C’est un nouveau record. Le bénéfice net part du groupe de 4,44 milliards d’euros dégagé sur les trois premiers mois de l’année 2023 par BNP Paribas est le plus élevé jamais réalisé par la banque en un trimestre. Elle ne le doit certes pas uniquement à la bonne marche de ses affaires, alors que la cession bouclée en février pour 16,3 milliards de dollars de Bank of the West, son ex-filiale américaine, a généré une importante plus-value de 2,95 milliards d’euros, qu’il convient donc de ranger dans les éléments extraordinaires.

Mais ce n’est pas le seul puisqu’il faut tenir compte également de 403 millions d’euros découlant des changements de modalités sur le montant des prêts à plus long terme (TLTRO) de la Banque centrale européenne (BCE), intervenus au quatrième trimestre 2022. Ainsi que d’un ajustement de près d'un milliard d'euros en grande partie lié à la baisse des contributions au fameux Fonds de résolution unique supranational, dont le rôle est de prendre en charge les éventuelles défaillances bancaires sur le continent européen.

In fine, le résultat net part du groupe distribuable - c’est-à-dire celui sur lequel sont assis les dividendes - reflétant la performance intrinsèque du groupe s’est établi à 2,85 milliards d’euros, soit 3% de plus qu’attendu par le consensus des analystes. Parallèlement, le résultat avant impôt a bondi à 3,73 milliards d’euros, nettement au-dessus des 2,63 milliards d’euros du premier trimestre 2022. Et ce grâce aux performances plus élevées qu’attendu de certains métiers en particulier. Le pôle Commercial, Personal Banking & Services (CPBS) et celui de la banque de financement et d’investissement (Corporate & Institutional Banking ou CIB) "ont réalisé un bénéfice avant impôt nettement supérieur au consensus", soulignent les analystes d’UBS.

 

Le Global banking en vedette

 

En hausse de 1,4% à 12,03 milliards d’euros, le produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur, dépasse lui aussi les anticipations. En matière de revenus également, la CIB et la division CPBS, qui représentent la banque de détail et les métiers spécialisés dans le crédit, le financement et la mobilité, se sont le mieux comportées au cours du trimestre écoulé. Chacune a "enregistré des revenus supérieurs de 400 millions d'euros par rapport au consensus", observe UBS.

A 4,87 milliards d’euros, en hausse de 4%, les revenus de la CIB ont été portés par les revenus du Global Banking, en hausse de 15,6% par rapport au premier trimestre 2022, à 1,46 milliard d’euros. La progression a concerné tous les métiers globaux, tant Capital Markets, que Transaction Banking ou l’Advisory, et dans chacune des trois régions, avec une hausse plus marquée dans la zone Amériques. Les revenus de Transaction Banking se sont par ailleurs envolés de 59,8%, notamment portés par une forte performance en cash management. Un très bon niveau d’activité de la division réalisé "dans un environnement de marché globalement plus favorable marqué par un fort rebond des marchés obligataires dans la zone EMEA (qui englobe l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, ndlr)", a expliqué l’établissement dirigé par Jean-Laurent Bonnafé.

Dans le même temps, à 2,76 milliards d’euros, les revenus de Global Markets, l’autre branche de la CIB, ont à peine diminué par rapport à leur base très élevée du premier trimestre 2022. "La demande de la clientèle est très forte en particulier sur les produits de taux et de change", a indiqué la banque.

 

L’effet de la hausse des taux

 

Pour ce qui concerne le pôle CPBS, à l’origine, avec la CIB, de la solide performance d’ensemble du premier trimestre, la hausse des taux d’intérêt produit ses effets. Son produit net bancaire a progressé de 5,9% sur les trois premiers mois de 2023, à 6,67 milliards d’euros. Notamment, la banque commerciale en France a vu ses revenus d’intérêt progresser de 6,8%, en lien avec l’environnement de taux. Le mouvement s’avère un peu moins fort en Italie, où les revenus d’intérêt de BNL banca commerciale ont progressé de 3%, tandis qu’en Belgique, les revenus d’intérêt ont bondi de 15,6% par rapport au premier trimestre 2022 tirés par l’amélioration des marges sur les dépôts.

Autre indicateur bien orienté : le coût du risque. A 642 millions d’euros, il a diminué de 1,4% par rapport au premier trimestre 2022 et s’établit à 28 points de base des encours de crédit à la clientèle. Tout va bien également en matière de solvabilité et de liquidité, deux points encore plus surveillés qu’avant la tempête bancaire de mars. Le ratio "common equity Tier 1" s’établit à 13,6%, et le ratio de couverture de liquidité s’établit à 139%, avec une réserve de liquidité, instantanément mobilisable, de 466 milliards d’euros, "soit plus d’un an de marge de manœuvre par rapport aux ressources de marché", a souligné BNP Paribas.

La banque anticipe par ailleurs une croissance de plus de 9% de son résultat net distribuable cette année, conformément à son plan à moyen terme, et une hausse de plus de 12% du résultat par action. L’ensemble de ces nouvelles laissant toutefois les investisseurs indifférents, l’action BNP Paribas est restée inchangée à environ 57 euros mercredi dans l’après-midi.

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