WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Sanofi / IPO / DG / coronavirus

Entreprises / Actions
Sanofi / IPO / DG / coronavirus

La difficile équation de Sanofi

Le laboratoire pharmaceutique a mandaté Rothschild pour préparer le spin-off et l’IPO de son activité de principes actifs, qui pourrait valoir de 1 à 2 milliards d’euros. Mais la cession de cette activité stratégique sera aussi un casse-tête politique, dans le contexte de la pandémie.
Logo de Sanofi - Crédit photo : DR
Logo de Sanofi - Crédit photo : DR

Paul Hudson, qui a pris la direction générale de Sanofi en septembre dernier, n’a pas eu un début de mandat aisé, avec la propagation d’une pandémie au plan mondial six mois plus tard. Aujourd’hui, le premier laboratoire pharmaceutique européen s’attaque à un autre chantier d’envergure : le spin-off et l’introduction en Bourse de son activité de principes actifs, pour laquelle il a mandaté la banque d’affaires Rothschild. Cette division, qui serait le numéro deux mondial derrière Lonza et représenterait un milliard d’euros de revenus d’ici 2022 pour 3.100 salariés, pourrait être valorisée jusqu’à 2 milliards d’euros à la Bourse de Paris.

Pour rappel, le nouveau patron avait annoncé un plan stratégique à horizon 2022 en décembre dernier, qui consiste à sortir des activités de recherche contre le diabète et les maladies cardio-vasculaires, en perte de vitesse, mais aussi à dégager 2 milliards d’euros d’économies de coûts, afin de viser une marge opérationnelle de 30% à trois ans. Une éventuelle cession de la division de santé grand public, qui regroupe le Doliprane, Allegra pour les allergies ou Ducolax pour la santé digestive, était également envisagée, mais celle-ci génère 14% de ses revenus et des marges élevées, si bien que c’est l’entité API qui a été privilégiée. “Sanofi reste déterminé à réaliser son introduction en Bourse sur Euronext Paris comme prévu. Nous n’étudions aucune autre alternative financière”, a confirmé une porte-parole du groupe vendredi. Une fois le spin-off réalisé, les discussions avec des investisseurs pourraient commercer à l’automne pour une IPO d’ici fin 2021, selon le calendrier initial.

Or, la crise du Covid-19 est passée par là, et risque de rebattre les cartes d’une opération très politique. En plein cœur de la pandémie, le gouvernement n’a pu que reconnaître une dépendance trop importante à des acteurs étrangers, pour la livraison de masques, respirateurs mais aussi de traitements. Si bien que Bpifrance serait en négociations pour prendre une participation dans la nouvelle entité, dont Sanofi garderait une part minoritaire de 30% et serait désormais un client.

Cette opération sera aussi suivie comme le lait sur le feu par les organisations syndicales, déjà échaudées par le plan de départs qui vient d’être annoncé. Car la pandémie a obligé la direction à accélérer son plan de restructuration, avec l’annonce d’un plan de départ portant sur 1.700 emplois fin juin, dont 1 000 en France. Certes, le laboratoire pharmaceutique a aussi profité de cette situation pour solder sa participation dans le laboratoire américain Regeneron, soit une enveloppe de plus de 12 milliards de dollars qui lui sera utile pour investir dans des biotechs prometteuses et optimiser son portefeuille de traitements. Enfin, Sanofi est le seul grand laboratoire à avoir misé sur deux candidats distincts à un vaccin sur le coronavirus, qui développent leurs recherches simultanément. Une vraie course contre la montre, dans la mesure où l’aboutissement rapide d’un vaccin sur la pandémie, qui a déjà tué près de 600.000 personnes dans le monde, est aujourd’hui une priorité sanitaire mais aussi un potentiel de revenus inestimable pour les laboratoires mondiaux.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article