Macro-économie / Taux / Japon / BoJ / reprise
Macro-économie / Taux
Japon / BoJ / reprise
Le Japon a du mal à se relever
Si son nombre de morts liées à la Covid-19 par million d’habitants est l’un des plus faibles parmi les pays développés (7,82 contre 462,13 pour la France), le Japon connaît toutefois une reprise économique plutôt compliquée. Le baromètre trimestriel Tankan en faisait déjà état au début du mois de juillet, puisqu’il rapportait que la confiance des grandes entreprises manufacturières japonaises était tombée à son plus bas niveau depuis juin 2009 – la dernière enquête Tankan s’est déroulée en quasi-intégralité sur la période de juin 2020. Hier, ce sont les enquêtes préliminaires menées auprès des directeurs d’achats par Markit et Jibun Bank qui nous indiquent que l’Archipel se situerait toujours en territoire de contraction lors du mois de juillet.
L’indice PMI composite – il regroupe le secteur manufacturier et le secteur des services - qui se base sur 85-90% de l’échantillon de l’enquête définitive, se trouve à 43,9 contre 40,8 en juin. C’est une progression certes, mais rappelons que les indices PMI sont synonymes de croissance de l’activité dès lors qu’ils se situent au-dessus de 50 points ; en-dessous, l’activité continue de se contracter. Cette décrue moindre de l’économie japonaise trouve sa source dans le secteur manufacturier qui a reculé significativement moins vite qu’en juin, puisque l'indice a atteint 41,2 contre 32,3 le mois dernier. L’activité dans le secteur des services, elle, voit sa contraction se stabiliser, puisque l’indice affiche 45,2 soit une progression de 0,2 point par rapport à juin.
Globalement, le point le plus inquiétant de cette enquête est l’anticipation des entreprises concernant la croissance future de l’activité. Les entreprises sont beaucoup plus pessimistes que le mois passé, surtout dans le secteur des services. Or, tant qu’un certain optimisme fera défaut au sein des entreprises nippones, tout espoir de reprise robuste semble illusoire, avance Bernard Aw, économiste principal chez IHS Markit.
Ce pessimisme est étrange au seul regard des politiques budgétaires et monétaires menées par le Japon qui ont mis des sommes impressionnantes sur la table. En effet, le plan de soutien budgétaire s’est élevé au total à 225 000 milliards de yens, soit environ 2 100 milliards de dollars et il fait plus que la part belle aux entreprises. De son côté, la Banque du Japon (BoJ) mène une politique monétaire expansionniste qui a significativement pesé à la baisse sur les conditions financières au travers de ses rachats d’actifs en tout genre (ETFs, obligations souveraines, commercial paper) et opérations de refinancement à long terme, si bien qu’entre le 10 mars et le 20 juillet, son bilan a grossi de 65 000 milliards de yens, l’équivalent de 11,7% de son PIB nominal de 2019 (soit 606 milliards de dollars).
Dans ses dernières prévisions macroéconomiques, la BoJ disait prévoir (c'est la prévision médiane du Comité de politique monétaire) un recul du PIB en volume de 4,7% pour cette année avant une reprise de 3,3% en 2021, et un retour à un rythme de croisière à 1,5% en 2022. D’après nos calculs, qui s'appuient sur les chiffres fournis par le Fonds monétaire international (FMI), l’institution de Washington anticipe pour sa part que le PIB nippon se situera encore 1,8% en dessous de son niveau d’avant-crise lors du quatrième trimestre 2021.
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