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PIB européen : le plus gros déclin jamais enregistré annonce une reprise compliquée

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Indicateurs macros
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PIB européen : le plus gros déclin jamais enregistré annonce une reprise compliquée

La zone euro a enregistré au deuxième trimestre une chute vertigineuse de son PIB, dans des proportions jamais atteintes depuis le début des statistiques européennes en 1995. Et la reprise risque d’être très lente.
Drapeaux européens
Drapeaux européens

Un PIB qui dégringole de manière historique

Sans grande surprise, la crise de la Covid-19 a mis du plomb dans l’aile de la zone euro. Mais une telle chute du PIB n’était pas attendue. D’ailleurs, au premier trimestre (janvier - mars) on enregistrait une diminution de "seulement" 3,6% dans l’ensemble de la zone euro et le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis a avoué que "l’impact économique du confinement est plus grave que [ce qui avait été] prévu ". Vendredi, c’est en effet une chute record de 12,1% pour les 19 pays ayant adopté la monnaie unique qui a été annoncée (total estimé à 11,9% pour l’ensemble de l’UE). Ces chiffres sont de loin les pires enregistrés depuis le début de la création de la zone euro.

Des inégalités face à l’impact de la crise

Aucun pays ne semble épargné, mais la crise sanitaire a malmené certains pays beaucoup plus que d’autres. L’Allemagne a ainsi enregistré une baisse de PIB de 12% sur l’ensemble du semestre, alors que l’Espagne annonce une chute libre de 23% (18,4% sur le deuxième trimestre), un chiffre qui la propulse à son niveau de production de 18 ans en arrière. Outre ces deux extrêmes, on peut mettre l’accent sur le triste record français, qui enregistre une baisse de 13,8% de son PIB ce trimestre, ou encore sur le PIB italien, contracté de 12,4% par rapport au trimestre précédent, pour atteindre un niveau de production semblable à celui du début des années 1990.

L'UE n'est pas sortie de l’auberge avant un bon moment

Face à ce bilan, il s’agit à présent de tabler sur une reprise, de préférence rapide. Ce n’est malheureusement pas ce sur quoi les analystes s’alignent, craignant plutôt que "les dommages déjà causés, combinés à l'impact actuel et futur du virus, signifient que la reprise sera terriblement lente", comme soulignait l’analyste de chez Capital Economics, Andrew Kenningham. Malgré le budget abondant débloqué pour la relance, il faudra résister aux mirages d’une reprise exponentielle : si l’inflation en zone euro a faiblement augmenté en juillet, M. Keningham " doute cependant que ce soit le début d’une tendance à la hausse ". Cette reprise est bien plus "mécanique", selon les mots de l’économiste Bert Colijn, car elle est due à la " réouverture des magasins et des usines " qui a engagé un rebond d’activité plein d’espoir, mais qui a vocation à ralentir dans les mois qui viennent.

En fait, selon IGN, la partie la plus difficile de la reprise devrait commencer dès maintenant. Tout d'abord, la tendance légèrement à la hausse des nouveaux cas de Covid-19 augmente les risques de reconfinement (certaines régions européennes en ont déjà fait les frais), qui aurait un effet tragique sur les économies des Etats-membres. Deuxièmement, une augmentation légère du chômage et des faillites, et des investissements faibles sont attendus pour le prochain trimestre, signes du marasme économique général. Ces facteurs risquent de s'éterniser pendant un certain temps, rendant impossible un retour rapide aux niveaux du PIB d'avant la crise.

L’exécutif européen a en outre revu ses espoirs à la baisse pour 2020, avec une récession estimée à -8,7% dans la zone euro, pour n’espérer voir un rebond qu’en 2021 (+6,1% pour le commissaire européen à l’Economie Paolo Gentiloni). La Banque centrale européenne s’aligne sur ces estimations à 8,7% de baisse du PIB pour 2020, alors que le FMI promet un avenir plus sombre, avec une projection à -10,2% cette année. Au vu de ces chiffres, il ne fait maintenant plus de doute que l’Europe est bien loin de sortir la tête des méandres dans lesquels le coronavirus l’a plongée.

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