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EDF se prend un coup de jus
Si certaines entreprises, compte tenu du secteur au sein duquel elles évoluent, seront apparues plutôt immunisées face à la crise pandémique, d’autres n’ont clairement pas été épargnées. EDF est de celles-là. Si lors du premier semestre son EBITDA n’a accusé qu’une baisse marginale (de 1,6% en termes organiques, à 8,196 milliards d’euros, quand son chiffre d’affaires a diminué de 4,9%), il aurait dû croître de 10% sans la crise, expliquait ce matin Jean-Bernard Lévy, le PDG du groupe. Toujours est-il que c’est mieux que le consensus établi par Factset : les analystes prévoyaient en moyenne un EBITDA de 7,03 milliards d'euros au premier semestre.
Plus concrètement, la crise sanitaire a affecté l’EBITDA de l’électricien pour un montant estimé à -1,01 milliard d’euros à fin juin 2020. Près de la moitié de l’impact de la crise sanitaire sur l’EBITDA (436 millions d’euros) s’est matérialisé à travers la baisse de la consommation, l’augmentation des irrécouvrables, ainsi que le report des chantiers et des prestations de services. Évidemment, la production nucléaire en France a été touchée, puisqu’en atteignant 170 terawatts-heure (Twh) sur les six premiers mois de l’année, elle a baissé de 29,7 Twh sur un an, une chute expliquée à 43,8% par la crise sanitaire.
Alors qu’EDF enregistrait un bénéfice net part du groupe de 2,498 milliards d’euros lors du premier semestre 2019, l’électricien français a dévoilé une perte nette de 701 millions d’euros pour la période allant de janvier à juin 2020. Une chute qui s’explique en grande partie par le résultat financier. Ce dernier s’est dégradé de 2,171 milliards d’euros sur un an et représente une charge de 2,302 milliards d’euros, en grande partie à cause de la variation négative de juste valeur du portefeuille des actifs dédiés (2,631 milliards d’euros) liée à un contexte mouvementé sur les marchés financiers.
Afin de répondre à l’impact de cette crise sanitaire, Jean-Bernard Lévy s’est projeté à deux ans et a annoncé un effort sur les coûts, avec pour objectif 500 millions d’euros de réduction des charges opérationnelles entre 2019 et 2022, ainsi qu’une stabilisation des investissements nets à environ 15 milliards en moyenne par an sur la période 2020 - 2022. Par ailleurs, il a expliqué que de nouvelles cessions d’actifs seront engagées, comptant sur environ 3 milliards d’euros sur 2020 à 2022.
Enfin, Jean-Bernard Lévy a précisé vouloir atteindre un EBITDA compris entre 15,2 milliards d’euros et 15,7 milliards d’euros pour 2020 (sur la base du périmètre, des taux de change au 1er janvier 2020 et d’une hypothèse de production nucléaire France d’environ 315-325 TWh en 2020 et comprise entre 330 TWh et 360 TWh chaque année en 2021 et en 2022).
A 13h15, l’action EDF faisait légèrement mieux que le CAC 40 : l’action était en baisse de 1,23% quand le CAC perdait 1,80%.
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