Dirigeants, gouvernance / Bolloré / Lagardère / Amber / Vivendi
Dirigeants, gouvernance
Bolloré / Lagardère / Amber / Vivendi
Bolloré et Amber vont assigner Lagardère au Tribunal de commerce en urgence
C’est une fin de non-recevoir sans équivoque que le groupe Lagardère a adressée hier à ses deux principaux actionnaires qui détiennent ensemble près de la moitié de son capital. Dans un communiqué publié hier soir Lagardère affirme "rejeter la demande de convocation d’une assemblée générale exceptionnelle". Ce qui est pourtant le droit de tout actionnaire détenant au moins 5 % du capital.
Et pour mieux se moquer de ses deux principaux actionnaires qui demandent la nomination de quatre nouveaux membres du conseil de surveillance, Lagardère annonce la cooptation d’une nouvelle membre, en la personne de Valérie Bernis, ex-directrice de la communication d’Engie, en remplacement d’Aline Sylla-Walbaum, qui avait démissionné avec fracas lors de la dernière réunion du conseil de surveillance, le 17 août dernier.
On a également appris à cette occasion, la démission d’un nouveau membre du conseil de surveillance en la personne d’Yves Guillemot, le patron d’Ubisoft, qui s’était abstenu lors du dernier conseil. Preuve que la "grande unanimité" dont Lagardère avait parlé au sujet de la prolongation de quatre ans du mandat de gérant d’Arnaud Lagardère n’était qu’une pure fiction ! Il serait bien que l’Autorité des Marchés Financiers relise de près les communiqués du groupe qui sont loin d’être en conformité avec le règlement général du gendarme de la Bourse.
Les communiqués de Lagardère, outre le fait de ne pas toujours refléter la vérité, ont aussi la particularité d’être comiques. Puisque dans le même texte où Lagardère refuse aux deux principaux actionnaires une assemblée, il explique que "le conseil de surveillance a décidé d’ouvrir un dialogue actionnarial constructif et apaisé." De quelle manière ? En proposant au Comité des Nominations, des Rémunérations et de la RSE de se saisir de la candidature de Virginie Banet que le groupe Vivendi a proposée. D’autant plus qu’elle connaît parfaitement le groupe pour y avoir travaillé. On se demande alors, pourquoi n’avoir pas tout simplement coopté cette banquière émérite à la place de Valérie Bernis.
Devant une telle attitude de désinvolture et de mépris à l’égard de ses principaux actionnaires, Vivendi et Amber vont assigner incessamment Lagardère en référé au tribunal de commerce. Une assignation qui pourrait intervenir dès la fin de la semaine ou lundi prochain au plus tard, avec une date de plaidoirie qui sera aussi rapprochée que possible. Vincent Bolloré montre donc sa volonté de faire valoir tous ses droits. D’autant plus que c’est Arnaud Lagardère qui lui a demandé de venir à son secours. Et qui lui reproche, dans ce dernier communiqué, d’être son concurrent à travers Editis. Cela fait beaucoup pour le principal actionnaire de Vivendi, qui a montré, par le passé, qu’il savait gagner des batailles plus difficiles.
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