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S&P / europe / Investissements / dette privée
La dette des entreprises européennes va exploser
La forte baisse d’activité engendrée par la pandémie s’est traduite pour un nombre accru d’entreprises européennes par un endettement plus important que d’habitude. Au premier semestre 2020, S&P fait ainsi état d’une augmentation de 5% du montant d'endettement des entreprises européennes arrivant à échéance jusqu’en 2025, montant qui s’élève à présent à plus de 4 000 milliards d’euros. Cette forte augmentation des émissions d’obligations européennes aura un impact à bien plus long terme, puisque si l’on considère tous les instruments de dette, y compris ceux arrivant à échéance après 2025, le total est de 6 800 milliards d’euros, ce qui correspond à une hausse de 3% par rapport à la période antérieure à la Covid-19. C'est un véritable bond par rapport aux années précédentes : depuis 2015, le montant annuel moyen d’obligations et prêts émis en Europe était davantage autour de 890 milliards d’euros.
Cet endettement massif au premier trimestre 2020 n’a cependant rien de surprenant : en mars 2020, pour les aider à faire face aux difficultés provoquées par le confinement, l’Union Européenne avait engagé plusieurs mesures de soutien financier aux entreprises, en leur facilitant l’emprunt - à l’instar du PGE en France. Et comme on l’a vu avec le PGE, ces mesures de soutien ont mécaniquement incité les entreprises à s’endetter, en leur offrant une bouffée d’air dans un système congestionné.
S’il a été beaucoup plus facile pour les entreprises d’emprunter ce premier semestre 2020, il faut tout de même souligner, à la vue des résultats publiés par S&P, que ce sont en majorité des entreprises solvables qui ont pu avoir recours à ces pratiques. Pour les dettes arrivant à échéance d’ici 2025, seulement 16% des entreprises du rapport font ainsi partie de la catégorie spéculative (BB+ et en-dessous). De surcroît, ce rapport met en lumière que les mesures prises par l’UE pour faire face à la crise ont une utilité davantage sur le court terme que si l’on se projette après 2025. En atteste la part majoritaire des échéances entre aujourd’hui et 2025 (59%) qu'après 2025, avec un pic encore plus proche, en 2022 (807 milliards d’euros à rembourser, dont 88% par des entreprises pour la catégorie d’investissement). Les entreprises moins solvables gardent tout de même une marge plus importante pour s’acquitter de leurs dettes : le pic de leurs échéances est établi en 2025, à 177,3 milliards d’euros.
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