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Les relocalisations : jackpot économique pour les assureurs

Professions financières / Assureur / Banque-assurance / relocalisation

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Les relocalisations : jackpot économique pour les assureurs

L’institut de recherche de SwissRe estime que les changements de chaînes d’approvisionnement mondiale généreront 63 milliards de dollars de primes d’assurance.
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Avec la pandémie, certains sujets, déjà présents, se sont véritablement installés dans le débat économique, au premier rang desquels la "relocalisation". Et, dès la mi-août, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire annonçait qu’un milliard d’euros du plan de relance serait consacré à la question, annonce rendue effective le 4 septembre dernier et la présentation de ce plan. Le virus aura eu là un rôle d’accélérateur important comme le souligne Sigma, l’institut de recherche de SwissRe dans une étude : "avec la rupture du flux de biens et des services intermédiaires durant les confinements liés à la Covid-19, les gouvernements et les fabricants ont pris conscience comme jamais auparavant des risques inhérents aux processus actuels de production mondialisés, spécialisés et de plus en plus complexes".  

Pourtant, cette prise de conscience avait déjà débuté. D’abord, les catastrophes naturelles, qui se multiplient, ont déjà provoqué des ruptures d’approvisionnement. Ensuite, les événements géopolitiques (manifestations, tensions commerciales entre grandes puissances…) mettent parfois à mal les sources des fabricants. Enfin, dans un monde où la puissance provient souvent de l’indépendance, la vulnérabilité des pays concernant la disponibilité de certains bien essentiels était déjà vu comme une faiblesse et la pandémie a fini de convaincre de la nécessité d’une approche alternative, comme sur les médicaments par exemple. 

Une nouvelle mondialisation, des primes pour les assureurs 

Pour autant, si certains ont pu parler d’une démondialisation, c’est plus une nouvelle mondialisation qui s’annonce avec ces prises de conscience, et la mise en place de solution alternatives. Dans une note consacrée à la prochaine décennie à venir, Oxford Economics souligne que si des vents soufflent contre la mondialisation, c’est bien une nouvelle mondialisation qui devrait s’imposer, avec "une régionalisation des chaînes d’approvisionnement qui continue, avec éventuellement une régionalisation globale du commerce".

L’institut de recherche de SwissRe se lance alors dans une anticipation des changements : "des chaînes d’approvisionnement parallèles verront le jour au fur et à mesure que les entreprises diversifieront leur présence à travers de nouveaux sites de fabrication, en complément de leurs opérations existantes en Chine et ailleurs, et ce afin de renforcer leur résilience opérationnelle ". L’Asie du Sud-Est, mais aussi le Brésil et le Mexique avec leur proximité des États-Unis, devraient en sortir gagnant. Et tout cela n’est pas sans conséquences sur l’économie mondiale : "l’étude Sigma estime que les changements de chaîne d’approvisionnement mondiales généreront une valeur d’exportation et d’investissements combinée avoisinant les 1.000 milliards de dollars dans les sites de production alternatifs au cours de la période de transition de cinq ans". 

Or, comme toute activité, l’approvisionnement doit être protégé par des assurances. Et ces modifications entraîneront de nouveaux risques, à l’origine de nouveaux contrats d’assurances portant sur les carences d’approvisionnement et leurs conséquences. Sans oublier que ces relocalisations entraîneront aussi des constructions à protéger. SwissRe de conclure : "le rapport Sigma estime que l’effet de la hausse de la croissance induite par la restructuration de la chaîne d’approvisionnement sur les revenus générera un volume de primes additionnelles cumulées sur la période de transition de cinq ans, estimées à près de 63 milliards de dollars américains à l’échelle mondiale". 

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