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Bonduelle résiste à la Covid-19 mais avance dans l'incertitude
Si les boîtes de nuit devraient rester fermer encore un petit moment, les boîtes de légumes n’ont jamais vraiment connu le même sort. Et le spécialiste français de la transformation industrielle et conserve de légumes Bonduelle peut en témoigner : il affiche un chiffre d’affaires en hausse pour l’exercice 2019-2020 clos le 30 juin. Ses ventes ont progressé de 1,4 % en données comparables et sont passées de 2 777,1 millions d’euros 2 854,9 millions d’euros. Pour autant, le résultat net a, lui, baissé de 24,8 % pour s’établir à 54,6 millions d’euros contre 72,6 millions d’euros en 2018-2019. Une baisse certes, mais qui permet tout de même de conserver des gains dans un environnement plus que compliqué. Et si la rentabilité opérationnelle courante a diminué de 13,4 % sur un an, de 123,7 millions d’euros à 108,7 millions d’euros, le groupe se veut rassurant : "l’impact de la crise sanitaire mondiale Covid-19 sur la rentabilité du groupe est estimé entre 7 et 10 millions d’euros. C’est l’élément explicatif de l’écart constaté avec l’objectif de rentabilité annoncé en octobre 2019".
Et le marché a salué les performances du groupe tricolore: le cours de l’action a clôturé hier en hausse de 4,66 % sur la Bourse de Paris, malgré un mauvais signal pour les actionnaires. Une réduction de 20 % des ratios habituels de distribution en termes de dividende sera en effet présentée à l’Assemblée générale des actionnaires le 3 décembre prochain. Mais elle s’inscrit dans un effort général, les membres du Conseil de Surveillance et de la direction générale ont déjà diminué leur jeton de présence et rémunération pour les uns, leur rémunération fixe sur la période de confinement pour les autres, de 20 %, tout cela permettant de financer la prime à destination des collaborateurs qui ont continué à travailler en usine en dépit de la situation sanitaire.
Santé financière et perspective
Ces résultats s’inscrivent surtout dans une situation financière du groupe solide. Au niveau de l’endettement, hors impact de l’application de la norme IFRS 16, la dette nette est passée de 654,7 millions d’euros nets à 631 millions d’euros. Ce qui aboutit à un levier d’endettement de 3.19x contre 3.07x lors de l’exercice précédent. Le ratio d’endettement baisse aussi, de 0,90 à 0,89. Il faut d’ailleurs noter que le coût de la dette est lui aussi dans une dynamique baissière, de 21,9 millions d’euros à 20,4 millions d’euros en un an. Finalement, le groupe parvient à diminuer cette emprise dans un contexte difficile. Pour Florent Thy-tine, co-responsable de la recherche actions chez Midcap Partners, "c’est un groupe très bien géré qui va continuer à générer du cash. Mais ils ont profité d’un effet ponctuel sur le BFR avec une baisse des stocks".
Et l’analyste continue à relativiser les résultats, cette fois-ci du côté des perspectives : "la croissance organique, anticipée à 1,5%, paraît optimiste. Avec les effets de change elle devrait même être négative. D’autant plus qu’avec le contexte sanitaire qui se maintient la restauration devrait continuer à vivre des moments difficiles et l’effet confinement sur les surgelés disparaître". Tout ceci le fait conclure : " je reste assez surpris de la réaction du marché pour ces résultats qui sont en accords avec les attentes. Avec les perspectives, il n’y a pas grand-chose à aller chercher. Je pense que le marché est allé un peu plus vers les valeurs défensives, ce qui profite au cours qui jouit déjà de la correction avec la baisse de ces derniers-jours ".
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