WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Renault Faurecia automobile Plastic Omnium Daimler

Entreprises / Actions / Renault / Faurecia / Plastic Omnium / Daimler

Entreprises / Actions
Renault / Faurecia / Plastic Omnium / Daimler

Le secteur automobile traduit le redressement de la demande

Les troisièmes trimestres de Renault, Daimler et Faurecia confirment que l'automobile, qu'on a cru pour longtemps moribonde pendant le confinement, redémarre. Mais attention à la deuxième vague de contaminations.
Industrie automobile 
Europe
Industrie automobile Europe

Les signes de redressement plus rapide que prévu de l’industrie automobile se sont multipliés ces dernières semaines, le dernier en date étant les déclarations éclairantes de Jean-Marc Chéry, le patron du fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, faites vendredi. Les chiffres d’activités publiés ces derniers jours par plusieurs grands noms du secteur viennent concrétiser les signaux faibles.

Renault a ainsi enrayé une bonne partie de la chute de ses ventes, en publiant vendredi un chiffre d’affaires en baisse de 8,2 % (et de seulement 3,2 % à périmètre et change constants), pour atteindre 10,37 milliards d’euros. C’est mieux que ce qu’attendaient les analystes, leur consensus ressortant, selon les instituts, entre 9,96 et 10,18 milliards. Et l'évolution contraste fortement avec le plongeon de près de 47 % que le groupe au losange avait subi au deuxième trimestre. Mieux, le chiffre d'affaires a bénéficié d'un effet prix positif de 5,5 %, signe de la nouvelle stratégie de Renault de privilégier la rentabilité aux volumes, rompant avec celle de Carlos Ghosn.

Le rebond de la demande a bien eu lieu. "Nous avons observé une reprise forte des volumes en Europe après l'impact désastreux du confinement", a confirmé la directrice financière Clotilde Delbos. Les ventes du groupe ont ainsi progressé de 8 % sur le Vieux Continent au mois de septembre (dans un marché en hausse de 3 %). Beaucoup plus qu'un effet de compensation alimentant la volonté de se déplacer, il faut surtout y voir l'effet des mesures de soutien gouvernementales à l'achat et au remplacement, notamment en faveur des motorisations hybrides et électriques. Les ventes de la Zoé (modèle urbain électrique) ont ainsi augmenté de 150 %. Au niveau mondial, les ventes de Renault ont reculé de 6,1 % à 806 302 unités par rapport à il y a un an, pénalisées par l'effondrement du marché sud-américain et aussi par la nouvelle stratégie du groupe. Mais les signes les plus encourageants sont ailleurs : les stocks du constructeur ont atteint un point bas (-22 % par rapport au 30 septembre 2019) et le carnet de commandes fin septembre a bondi de 60 %.

La Chine, mieux vaut y être

Autre constructeur bien différent, l'allemand Daimler, en difficulté déjà avant la pandémie en raison des nouvelles normes européennes d'émissions, a également publié vendredi dernier des résultats témoignant d'une bonne résistance, voire d'un redressement : son bénéfice net trimestriel a progressé de près de 20 % sur un an, à 2,16 milliards d'euros, tandis que son chiffre d'affaires a reculé de 7 % (à 40,3 milliards). Le constructeur haut de gamme (propriétaire des Mercedes) a dégagé une marge de 9,4 % dans ses véhicules particuliers, témoignant de sa capacité à réduire ses coûts fixes et à dégager un effet prix positif. Dans les camions, il affiche un book-to-bill (commandes sur facturations), "solide" selon les analystes d'UBS, de 105 %. Pour 2020, le constructeur automobile allemand anticipe désormais un résultat opérationnel comparable à celui de 2019 (4,3 milliards d'euros), alors qu'il l’attendait en baisse précédemment.

Plus en amont de la chaîne, les équipementiers ont profité du redressement de la demande et des commandes de véhicules. Faurecia, qui publiait vendredi également, a redressé ses ventes au troisième trimestre et battu le consensus : elles ont reculé de 7,4 % par rapport à 2019 (à 3,87 milliards d'euros), mais elles s'étaient effondrées de 50 % au deuxième trimestre et de 20 % au premier. La Chine, qui devrait être la seule économie majeure à afficher une croissance en 2020, a déjà oublié la pandémie, permettant au groupe de voir son chiffre d'affaires progresser de 15,4 %. Signe d'une certaine confiance, la filiale de PSA anticipe désormais une baisse de la production automobile mondiale d'environ 5 % au second semestre sur un an, contre -15 % dans son anticipation précédente. De ce fait, l'équipementier a considérablement revu en hausse ses propres prévisions pour le semestre : un chiffre d'affaires d'au moins 8 milliards d'euros (contre 7,6 milliards), une marge opérationnelle d'au moins 5,5 % (contre 4,5 %) et un flux de trésorerie net d'au moins 700 millions d'euros (contre environ 600 millions précédemment).

Gare à l'excès d'optimisme

À tel point que le marché se montre sévère avec les entreprises qui ne combleraient pas les attentes ou feraient preuve de modestie. Plastic Omnium en a fait les frais : il a publié jeudi un chiffre d'affaires de 1,92 milliard d'euros (en baisse de 8,1 % et de 4,9 % à périmètre et change constants), mais les analystes attendaient en moyenne 1,99 %. Oddo BHF indique par exemple que la publication est "moins solide qu'espérée". En outre, l'équipementier n'a pas révisé en hausse ses objectifs pour l'année 2020, se contentant de les confirmer. La sanction a été immédiate : le titre a chuté de plus de 9 % jeudi, sans réellement se reprendre le lendemain (+0,4 %).

Attention toutefois à l'optimisme béat dont les investisseurs ont souvent fait preuve depuis le début de la pandémie. La deuxième vague de la pandémie interdit l'excès d'optimisme. "Grâce à notre carnet de commandes solide, nous aurions dû avoir une bonne visibilité sur le quatrième trimestre et le début de l'année prochaine. Mais la nouvelle vague de la pandémie en Europe a réduit significativement cette visibilité et m'oblige à faire preuve de prudence", explique Clotilde Delbos.

Dans ce contexte, la solidité financière est un élément crucial pour essuyer une possible tempête. Les réserves de liquidité de l'activité automobile de Renault (qui exclut l'activité bancaire de RCI Banque) se montaient à 15,2 milliards d'euros au 30 septembre, incluant les 5 milliards de prêt garanti par l'État, dont 3 milliards ont été tirés à cette date. Elles ont diminué de 1,6 milliard par rapport au 30 juin. Rien d'inquiétant, selon la directrice financière : cela est un effet de la saisonnalité du BFR et du remboursement de dettes, et la division automobile du groupe sera en mesure de dégager un flux de trésorerie libre opérationnel au second semestre 2020.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article