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Plastic Omnium / hydrogène / équipementier automobile
Plus technologique, le nouveau Plastic Omnium accélère / Le groupe prépare l’avenir hydrogéné
Les résultats semestriels du troisième équipementier automobile français ont reçu lundi un accueil enthousiaste. A la Bourse de Paris, l’action Plastic Omnium montait de 3 % à 19,1 euros en fin d’après-midi, parmi les plus fortes hausses de l’indice SBF 120. Une réaction liée d’abord à l’effet de surprise. Les comptes de l’entreprise se sont révélés plus solides qu’attendu. A commencer par le chiffre d’affaires, qui s’est élevé à 5,29 milliards d’euros, ou à 5,8 milliards d’euros si l’on se réfère au chiffre d’affaires économique tenant compte des ventes réalisées par les filiales contrôlées.
Bien sûr, le dynamisme de l’activité résulte pour partie de l’apport des dernières acquisitions du groupe. Un effet croissance externe très significatif puisqu’il s’élève à 688 millions d’euros au total sur la période pour le chiffre d’affaires économique. Il comprend en particulier la consolidation des sociétés AMLS Osram et Varroc Lighting Systems spécialisées dans l’éclairage automobile, et du spécialiste des batteries embarquées et des systèmes d’électrification Actia Power.
Le résultat opérationnel a progressé moins vite que les revenus, si bien que la marge opérationnelle du groupe s’est tassée à 4 % du chiffre d’affaires consolidé, contre 4,6 % un an plus tôt. Mais cette évolution était "largement attendue et principalement attribuable aux nouvelles acquisitions", alors que la division éclairage était déficitaire au premier semestre mais a atteint l’équilibre en juin, observent les analystes de Stifel.
Tendances fortes
"Plastic Omnium est un groupe qui, comme le secteur, est en pleine transformation, c’est à dire que nous faisons évoluer notre portefeuille de produits et de clients pour nous adapter aux tendances fortes. Nous sortons d’une année très riche en acquisitions qui ont apporté de nouvelles activités notamment dans l’éclairage et l’électrification. Ce "nouveau Plastic Omnium" avec son portefeuille de produits technologiques ne ressemble en rien à ce qu’il était il y a deux ou trois ans", explique à WanSquare Laurent Favre, le directeur général de Plastic Omnium.
Ainsi, tandis que le marché automobile rebondissait de 10 % par rapport à un premier semestre 2022 qui avait été pénalisé par des pénuries de semi-conducteurs et la guerre en Ukraine, le rythme de croissance de l’entreprise a été plus de trois fois supérieur au cours du semestre écoulé. "Ce qui prouve que notre stratégie de croissance est la bonne. Et nous croissons plus vite que le marché et dans toutes les régions du monde, en Europe évidemment, mais également en Amérique du Nord, en Chine", poursuit le dirigeant. La Chine étant plus que jamais un pays clé, devenu le plus gros exportateur automobile au monde au premier trimestre et où l’électrification avance à marche forcée.
Ce dynamisme se reflète aussi dans les commandes. Après le record de commandes de 2021, battu en 2022, le premier semestre 2023 dépasse déjà le niveau de l’ensemble de l’année dernière. "Il y a une accélération très forte dans tous les segments, à la fois dans nos activités traditionnelles, les pare-chocs, les modules, les réservoirs à essence, mais également les nouvelles activités, notamment l’éclairage, l’électrification, ainsi que l’hydrogène", souligne Laurent Favre.
Objectif de 3 milliards d’euros
Ces importantes commandes dans le domaine de l’hydrogène sont d’ailleurs de très bon augure pour cette activité nouvelle qui ne génère pas encore de ventes, mais pour laquelle le groupe vise un premier chiffre d’affaires en 2025, l’essentiel des volumes étant attendu en 2027 ou 2028.
"Tous les acteurs majeurs de la mobilité commerciale, que ce soit le train, le camion, le bus ou bien encore les véhicules commerciaux, se tournent vers l’hydrogène. Nous investissons fortement et mettons en place de façon intensive des capacités que l’on construit actuellement à la fois en Europe, en Asie et aux Etats Unis, le but étant d’atteindre 3 milliards de chiffre d’affaires dans cette activité en 2030, c’est notre objectif", explique le directeur général de Plastic Omnium.
De lourds investissements qui n’empêchent pas une forte génération de cash-flow libre, à 191 millions d’euros sur le semestre écoulé, en progression de 43,1 %. Celle-ci permettant au groupe de poursuivre son désendettement, ramené à 1,53 milliard d’euros au 30 juin, contre 1,67 milliards d’euros fin 2022. Soit un levier d’endettement passé de 1,9 fois à 1,7 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) en six mois. "Nous n’avons pas de remboursement majeur dans les prochaines années. Nous gardons notre indépendance, il est très important de ne pas se retrouver sous la pression de la dette à devoir se refinancer à des taux très élevés. Nous y parvenons en nous focalisant sur le cash de façon très intensive", souligne Laurent Favre.
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