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OMC / commerce mondial
À quoi sert encore l'OMC ?
L'OMC n'a toujours pas trouvé son prochain directeur général. Ou plutôt sa prochaine directrice. Mercredi dernier, au terme d'un processus de plus de quatre mois, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala a été proposée par les présidents des trois principaux organes de l'OMC (président du Conseil général, président de l'Organe de règlement des différends et président de l'Organe d'examen des politiques commerciales) pour diriger l'institution. Mais les États-Unis ont immédiatement fait part de leur désaccord et dit préféré l'autre candidate encore en lice, la Coréenne Yoo Myung-hee. L'OMC a donc décidé de se réunir à Genève le 19 novembre prochain pour discuter de la situation et tenter de trouver un consensus.
Certes, les États-Unis pourraient changer d'avis si le candidat démocrate, plus conciliant et davantage favorable à l'institution et au commerce mondial de façon générale, était élu ce soir. Mais ce nouveau véto américain est un signe supplémentaire de l'affaiblissement de l'institution depuis une dizaine d'années, renforcé avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir. Il y a un an déjà, les États-Unis ont bloqué la nomination de deux juges de l'Organe d'appel (OA), l’instance d’appel du règlement des différends entre les 164 États membres. Remettant ainsi en cause ce qui faisait la force de l'OMC depuis sa création en 1994, à savoir sa fonction juridictionnelle. L'organe d'appel ne fonctionne donc plus depuis un an, puisque les États-Unis ont systématiquement rejeté la nomination des nouveaux juges depuis lors.
Une institution à réformer d'urgence
Quelle que soit la présidente élue donc, elle rejoindra les rangs de l'OMC à un moment très difficile pour l'institution, alors que le monde est confronté à une terrible pandémie, qui a plombé les échanges mondiaux et en pleine remise en cause du libre-échange. Outre la guerre commerciale à laquelle se livrent la Chine et les États-Unis depuis un an et demi, la Grande-Bretagne a elle aussi fait le choix de quitter l'UE et son marché unique à la fin de cette année, et les deux camps n'ont toujours pas trouvé d'accord concernant leurs futures relations.
Il est donc plus qu'urgent pour l’OMC de se réformer, si elle veut survivre au climat actuel et continuer de peser sur la scène des échanges mondiaux. L’unanimité requise pour boucler un cycle de négociations a fini par bloquer la signature d’accords globaux et devra donc être révisée. Ensuite, les règles ont été fixées il y a 26 ans, quand la Chine ou l’Inde étaient encore des pays en développement et à qui pour ces raisons, de nombreux avantages commerciaux avaient été accordés. Devenues depuis des puissances économiques incontournables, les règles les concernant devront elles aussi être modifiées.
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