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Consommation des ménages / INSEE / Dépenses
Faute de magasins, les Français achètent en ligne
Le gouvernement tranchera la semaine prochaine sur une possible réouverture des boutiques pour le Black Friday, le vendredi 27 novembre, soit trois jours avant la date initialement évoquée du 1er décembre. Une chose est certaine, les Français n'ont pas attendu la décision de l'exécutif pour consommer, en recourant plus massivement qu'en mars avril à la vente en ligne. C'est du moins ce qui ressort du point de conjoncture de l'INSEE publié hier soir, le premier publié depuis que l'Hexagone a entamé son second confinement.
La note consacre ainsi tout un chapitre à la consommation des ménages français, et souligne leur différence de comportement par rapport à la mi-mars. Les montants quotidiens de transactions par carte bancaire ont notamment permis à l'institut d'étudier l'attitude des ménages au cours de deux périodes d'enfermement, et en particulier les quelques jours qui ont précédé l'annonce et les premiers jours après le début du confinement.
Un plus fort recours à la vente en ligne
Premier constat : les comportements d'anticipation, particulièrement notables en mars, ont été nettement moins visibles fin octobre. Ainsi, la première période de "lockdown" s'était caractérisée par un pic d'achats précédant l'entrée en confinement (à J-1 et dans une moindre mesure à J-4) puis par une chute brutale immédiatement après. Le second confinement fait apparaître des mouvements moins heurtés : certes les deux jours ayant précédé le confinement de novembre ont donné lieu à des comportements d'anticipation. Mais dans d'une moindre ampleur qu'en mars. De même la chute des achats à J+1 est moins brutale qu'au printemps.
Seconde différence entre les deux confinements : un plus fort recours à la vente en ligne en novembre qu'en mars. En mars, les paiements en ligne avaient commencé à diminuer plusieurs jours avant le début du confinement, tendance qui s'est poursuivie jusqu'à début avril. En octobre la dynamique des ventes en ligne, représentant 24% du total des transactions, n'a pas diminué. "Au contraire, l'entrée en confinement a provoqué une augmentation immédiate et sensible des transactions en ligne, dont le dynamisme a perduré par la suite, soutenant le total des transactions bancaires." Les ventes en ligne semblent avoir pris le relais des ventes physiques lors des premiers jours de confinement de novembre, note ainsi l'INSEE.
Le second confinement a également différé du premier en termes de type de produits non consommés ou moins achetés. Au début de la première période d'enfermement, les faibles dépenses de carburant, d'hébergement ou de restauration ont été la conséquence directe du cadre réglementaire très strict instauré le 17 mars. Depuis novembre, ce type de dépenses a moins diminué, les déplacements domicile-travail se poursuivant pour tous ceux ne pouvant exercer leur profession depuis chez eux, tandis que les voyages professionnels encore autorisés ont contribué à alimenter les dépenses dans l'hôtellerie et la restauration, grâce à la vente à emporter.
Les ménages ont par ailleurs accru leurs dépenses en biens durables et plus spécifiquement pour l'équipement du foyer et l'habillement juste avant le début du confinement de novembre, contrairement à mars, où ce type de transactions avait chuté quelques jours avant le 17 mars. Une différence qui résulte de "l'expérience acquise lors du premier confinement", selon l'INSEE, les ménages sachant que ce type de biens ne serait plus du tout accessibles physiquement pendant le confinement. Les transactions dans ce domaine ont par ailleurs mieux résisté lors de ce second confinement qu'en mars, notamment grâce à l'ouverture des magasins d'équipement de la maison, de bricolage ou l'essor de la vente en ligne.
Une consommation située 15% en deçà du T4 2019 pour novembre
En termes sectoriels donc, l'INSEE estime que la consommation en biens industriels devrait se situer 13% en dessous de son niveau du T4 2019 (principalement en raison de la baisse des achats en carburant) contre -36% en avril 2020, la consommation de services marchands de -19% à son niveau de fin 2019 (lié à la fermeture des restaurants), contre -32% en avril, et les services non marchands se situer à 8% en deçà de leur niveau de fin d'année dernière, contre -37% au printemps. "Le maintien de l'accueil dans les établissements scolaires et l'accès à l'ensemble des soins de ville devraient permettre une baisse de la consommation non marchande moins forte que celle observée en avril."
Certes, les achats des Français ont donc mieux résisté en novembre qu'en mars, grâce à un confinement moins strict, destiné à mieux préserver l'activité économique. Il reste que les mesures de restrictions sociales instaurées depuis le début du mois, conjuguées à la fermeture de tous les commerces considérés comme non essentiels, conduiront à un net recul de la consommation sur le mois de novembre : selon les estimations de l'INSEE, celle-ci devrait se situer à 15% en deçà de son niveau du quatrième trimestre 2019, selon les données de transactions par carte bancaire CB de la première semaine pleine de confinement. Et si les ventes en ligne ont davantage progressé qu'en mars, elles auront seulement permis d'atténuer la perte globale de novembre.
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