Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Consommation des ménages / coronavirus
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Etats-Unis / Consommation des ménages / coronavirus
Quelles retombées pour le plan de relance américain ?
La crise du coronavirus a, au niveau économique, directement touché les ménages, via une forte dégradation du marché du travail américain. En réponse, les autorités américaines ont mis en place des mesures de soutien d’une ampleur inédite, dont la majorité concerne donc les ménages en préservant leur pouvoir d’achat. La Banque de France propose, dans une note, de voir les fruits de ces mesures et leurs impacts à court, moyen et long termes.
Le marché du travail américain a littéralement coulé avec des inscriptions au chômage explosant entre mi-mars et fin mai 2020 : en moyenne 4 millions par semaine (contre 220 000 en temps normal). Cette hausse de chômage en l'espace de seulement deux mois est l’équivalent de la hausse qu’ont connu les États-Unis en 2 ans à la suite de la crise financière. Ce chômage massif combiné au peu de filets de sécurité sociale rendait nécessaire un soutien, en particulier envers le pouvoir d’achat des Américains : "la consommation des ménages reste le moteur de l’économie américaine".
Le Congrès américain a donc adopté fin mars un vaste plan de soutien économique chiffré à environ 2 200 milliards de dollars, soit 10 % du PIB. Au total, avec d’autres mesures, le total s’élève à 2 700 milliards, soit le plus massif de toute l’histoire du pays ; à titre de comparaison, les mesures budgétaires pour 2008 ont été de 1 800 milliards, répartis sur 5 ans. Parmi les différentes mesures, 60 % visent les ménages, avec un élargissement massif de l’assurance chômage, tant en termes de montants, que de critères d’éligibilité et de durée : "une personne au chômage touchera 600 dollars supplémentaires par semaine, pour une durée allant jusqu’à 4 mois. D’autres mesures consistent en des paiements directs aux ménages de 1 200 dollars par individu, l’instauration d’un congé maladie payé en cas de Covid-19, des allégements fiscaux etc. ". Des mesures envers les entreprises visent aussi à soutenir l’emploi : "le Paycheck Protection Programme (PPP) propose aux PME des crédits garantis par l’État, qui peuvent être effacés à condition que 75 % des fonds soient utilisés pour payer des salaires".
La Banque de France a réalisé des simulations selon lesquelles, dans le cas d’une seule vague de l’épidémie, grâce à ces mesures, le revenu disponible des ménages américains ne serait pas pénalisé en 2020 car "les mesures du stimulus compenseraient intégralement la perte de revenu entraînée par la crise Covid-19". On observe même une augmentation de 13 % des revenus disponibles des ménages en avril, par rapport à mars, avec deux-tiers des chômeurs éligibles qui ont reçu des allocations supérieures à leur rémunération antérieure. En revanche, en 2021, on devrait observer une contraction de ce revenu disponible d’environ -3 % par rapport à la période pré-crise, du fait d’un chômage de longue durée et d’absence de mesures (si absence il y a).
Les retombées sur le PIB devraient, elles, dépendre du comportement des ménages. L’hypothèse la plus probable est qu’uniquement 40 % des revenus supplémentaires touchés par les ménages soient consommés ; le taux d’épargne approcherait alors les 20 % en moyenne sur 2020 contre 8 % en 2019. En effet si le confinement a provoqué une épargne forcée, le peu de filets de sécurité sociale pourrait pousser les ménages à se prémunir dans le cas d’une deuxième vague.
Ce plan permettrait tout de même d’amortir partiellement le choc sur la consommation et l’investissement, et ainsi de compenser la perte d’activité à hauteur de 4,5 points de PIB en 2020. Néanmoins, l’auteur de l'étude précise que "l’économie américaine se contracterait de 6,5 à 8 % en 2020 (selon nos estimations et celles des institutions nationales et internationales). L’effet à plus long terme du stimulus dépendra du comportement de consommation et d’épargne des ménages américains". Ce comportement sera aussi influencé par la mise en place ou non d’autres mesures pour relancer la machine économique à plus long terme - la plupart des mesures actuelles ayant déjà pris fin ou prenant fin en décembre.
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