Macro-économie / Taux / François Villeroy de Galhau / dividendes / Banques
Macro-économie / Taux
François Villeroy de Galhau / dividendes / Banques
François Villeroy de Galhau se veut "sage avec sobriété" concernant les dividendes
Être "sage avec sobriété", voilà la position affichée ce matin par François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France à propos de la distribution de dividendes par les banques. Lors de la conférence organisée par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), dont il est le président, François Villeroy de Galhau a expliqué que "deux arguments plaident maintenant en faveur d’une ouverture prudente vers une distribution, dont il faudra discuter des modalités". Mais quels sont donc les deux arguments avancés par le banquier central ? "Le premier tient à la capacité de résistance des institutions financières à des chocs très importants, qu’illustre leur situation à la fin de l’année 2020", a analysé le Français. Le second, s’appuie sur la nécessité de préserver l’attrait des institutions financières, "indispensable pour lever du capital". "Et ce d’autant plus que la plupart des juridictions hors d’Europe semblent se diriger vers au moins une libéralisation contrôlée", a ajouté François Villeroy de Galhau.
Rappelons que cette année, les banques avaient dû suspendre le versement d'un coupon à leurs actionnaires, à la demande de la Banque centrale européenne (BCE), face au choc économique provoqué par la pandémie de coronavirus. En effet, au printemps, l’institution de Francfort a ordonné aux banques placées sous son autorité de cesser de distribuer des dividendes, afin de préserver leurs fonds propres et de favoriser le crédit aux entreprises et aux ménages. "Incontestablement, la mise en réserve de l’intégralité des résultats a été en 2020 une mesure efficace pour soutenir la solvabilité", a souligné ce matin François Villeroy de Galhau.
Plusieurs membres du Conseil des gouverneurs de la BCE ont évoqué la question ces derniers temps. Mercredi, Yves Mersch, vice-président du conseil de surveillance de la BCE, a expliqué qu’il serait difficile de maintenir une interdiction au-delà de la fin de cette année, citant notamment des incertitudes juridiques sur son application. Comme l'a indiqué François Villeroy de Galhau, il reste cependant la question des modalités. Et à ce propos, Yves Mersch a évoqué la possibilité d'une approche au cas par cas. Une approche pour laquelle milite également Fabio Panetta, autre membre du directoire de la BCE, dans une interview parue aujourd'hui.
Andrea Enria, responsable de la supervision bancaire au sein de l’institution de Francfort, avait annoncé que la question sera officiellement tranchée après le 10 décembre, date à laquelle la BCE publiera ses nouvelles prévisions macroéconomiques.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

