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Politique monétaire / BCE / MDBC / euro

Politique monétaire
BCE / MDBC / euro

Euro digital : la BCE avance ses pions prudemment

Francfort a lancé une consultation relative à l'euro numérique, qui prendra fin courant janvier. Ce nouveau moyen de paiement, qui consisterait en une créance auprès de la banque centrale, permettrait notamment de parer à la diminution de l'usage des espèces.
euros -pièces
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La BCE ne compte pas louper le tournant de la digitalisation des devises. Et alors que de nombreuses autres banques mondiales sont en train d'expérimenter leur propre monnaie numérique, Francfort a annoncé ce matin le lancement d'une consultation sur le sujet, qui devrait prendre fin le 12 janvier prochain. "L’euro appartient aux Européens, et nous en sommes le gardien. Nous devons nous tenir prêts à émettre un euro numérique si cela s’avère nécessaire", a ainsi déclaré la présidente de la BCE au moment de la publication d'un rapport sur la question, le 2 octobre dernier.

En quoi consisterait cet euro digital ? En une créance émise par la banque centrale sous forme numérique, mais qui ne se substituerait pas aux autres moyens de paiement actuels. Le but serait que cette nouvelle forme de règlement cohabite avec la monnaie fiduciaire et soit accessible facilement à tous les citoyens. Ce qui permettrait aux Européens d'avoir un choix élargi d'instruments, d'effectuer plus facilement leurs paiements et ainsi de renforcer l'inclusion financière dans le Vieux Continent. Autre avantage de l'euro digital, outre celui de participer à la numérisation de notre économie : parer à la forte diminution des espèces. Enfin il permettrait de renforcer le rôle international de l'euro, notamment en facilitant son accès aux investisseurs étrangers et aux non-résidents présents dans le continent.

L'instauration d'une telle devise ne se fera néanmoins pas du jour au lendemain, notamment parce qu'elle pose tout un tas de questions d'ordre juridique. Les banquiers centraux devront notamment s'assurer que l'émission d'un euro digital ne perturbe ni la stabilité financière ni la bonne transmission de la politique monétaire. Surtout, elle devra respecter toutes les normes en vigueur (RGPD, DSP2, lutte contre le blanchiment) et garantir que ses détenteurs ne seront pas l'objet de cyber attaques ou de fraudes. Côté infrastructures, le régulateur devra également décider s'il utilise la blockchain ou des systèmes déjà existants ou une combinaison des deux. Des questions se posent également concernant les règles de détention : faut-il plafonner le montant détenu possible, le rémunérer, l'ouvrir aux citoyens non européens ?

Le sujet est donc complexe et nécessitera un important travail de réflexion et sans doute une phase d'expérimentation, pour avoir une idée plus précise de la possible diffusion d'une telle devise. En termes de calendrier, la BCE a annoncé qu'elle déciderait mi-2021 si elle poursuit son investigation sur l'euro digital ou si elle l'heure n'est pas encore venue pour l'Europe de se lancer. Si la réponse est positive, une phase d’étude pourrait alors être amorcée en vue de mettre au point un produit minimal viable. Le but étant de ne pas avoir un train de retard. "Nous devons nous assurer que notre monnaie est prête pour l’avenir. L’inaction n’est pas une option", a résumé Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE.

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