Macro-économie / Taux / dette publique / Banque de France
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La France s'endette auprès... d'elle-même
Chaque seconde, entre avril et septembre, la dette publique française a crû en moyenne de 14.920 euros – soit une hausse de 235,9 milliards d’euros pour l'ensemble de la période. En effet, depuis que la France est entrée dans son premier confinement (17 mars), les administrations publiques françaises ont dû s’endetter en vue de déverser des tombereaux de liquidités dans l'économie et faire face à la dégringolade des recettes, ce pour limiter les conséquences économiques à court et long termes de la crise pandémique. Si bien que la dette publique a atteint 2674,3 milliards d’euros à fin septembre 2020, selon l’Insee.
Dans le détail, entre avril et septembre, c’est le creusement du déficit budgétaire et donc la hausse de l’endettement de l’État (149,1 milliards d’euros) qui explique pour près des deux tiers la dynamique de la dette publique, le reste étant, en quasi-intégralité, le fruit de l’augmentation de la dette des administrations de sécurité sociale (elle est passée de 201,8 milliards d’euros à 287,1 milliards d’euros) qui a dû compenser l’effondrement des cotisations sociales. Les marchés financiers ont joué un rôle essentiel pour permettre à la France de se procurer ces ressources. De fait, la croissance de l’endettement public a été permise à 98,7% par la hausse de l’encours des titres négociables. En d’autres termes, l’État, les administrations de sécurité sociale ou encore les administrations publiques locales ont eu recours à des émissions sur les marchés obligataires pour se financer. Ce sont ainsi 232,9 milliards d’euros d’émissions nettes qui ont eu lieu entre le début du printemps et la fin de l’été.
Et l'Hexagone peut compter sur un créancier particulièrement actif depuis le début de la crise. D’après nos calculs, la Banque de France, qui effectue des achats d’obligations pour le compte des programmes (PSPP et PEPP) de la Banque centrale européenne, a racheté l’équivalent de plus de la moitié (53,8%) des émissions nettes de dette publique de la France entre avril et septembre. Attention, la Banque centrale française ne se rend pas directement au guichet des différents organismes qui émettent des titres de dette publique (l’Agence France Trésor, la CADES ou l’Unédic par exemple), car la présence de l’institution rue Croix-des-Petits-Champs sur le marché primaire serait considérée comme du financement monétaire des déficits publics, or cela est interdit par les traités européens. En conséquence de quoi, elle réalise ces acquisitions sur le marché secondaire.
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